Une semaine tout pile après l’entrée en vigueur de la réforme du chômage, comment les CPAS ont-ils géré ces premiers jours ? Y a-t-il eu d’énormes vagues de nouvelles personnes ? On fait le point à Dalhem et à Herstal.
Sur la commune de Dalhem, comptant 7.700 habitants, l’ONEM avait indiqué qu’il y aurait environ une centaine d’exclus du chômage lors de la première vague, dont une trentaine se tourneraient vers le CPAS pour bénéficier de revenus d’intégration sociale. Mais pour le moment, on est loin de ces chiffres. "Nous avons trois revenus d'intégration supplémentaires qui ont été octroyés, mais il faut savoir que ces trois personnes étaient déjà connues de nos services. Donc on reste évidemment dans des proportions qui sont tout à fait gérables pour le moment", explique Nathalie Hody-Linotte, présidente du CPAS de Dalhem, qui estime toutefois que le nombre de demandes augmentera dans les prochaines semaines.
"Si on regarde les chiffres de l'ONEM, cela nous ferait 50 % de revenus d'intégration sociale en plus"
"Au 31 décembre, nous avions 60 revenus d'intégration octroyés. Donc trois personnes supplémentaires sur 60, ce n’est pas beaucoup. Maintenant, si on regarde les chiffres de l'ONEM et qu'on se retrouve réellement à 30 revenus d'intégration supplémentaires, cela nous fera 50 % de RIS en plus. Et il y aura aussi tout le volet des personnes qui seront exclues du chômage, mais qui ne rentreront pas dans les conditions d'octroi d'un RIS. Ces personnes pourraient alors solliciter d'autres aides sociales puisqu’à partir du mois de février, elles vont se retrouver avec une baisse de revenus qui sera, pour certains ménages, significative".
65 personnes à Herstal
Pour Herstal, commune de 41.000 habitants, l’ONEM avait indiqué qu’il y aurait, au total des 6 vagues, 1.338 personnes exclues du chômage, dont 450 à 500 qui se redirigeraient vers le CPAS. Après une semaine de réforme, ce sont déjà 65 personnes qui se sont présentées. "Cette première semaine s'est très bien passée", annonce Bojana Visic, la présidente du CPAS d'Herstal. "Avant le 1ᵉʳ janvier, nous avions beaucoup de craintes, aussi bien au niveau du personnel que des citoyens. Pour que cela se passe bien, on a essayé d'anticiper. Notre objectif était que la personne qui pousse la porte du CPAS, ce qui reste encore quelque chose de tabou pour certains, soit accueillie avec respect et qu'elle ait un accompagnement, qu'on puisse lui apporter la meilleure réponse possible".
La présidente du CPAS d’Herstal s’attend à une deuxième vague plus importante vers les mois de mars et avril, mais le CPAS pourrait aussi recruter jusqu’à 4 nouveaux assistants sociaux en équivalent temps plein au besoin, afin de venir renforcer la vingtaine de personnes déjà en fonction. "Je crois que l'expérience des mois de janvier et février va nous aider pour pouvoir accueillir cette vague un peu plus importante des mois de mars et avril. Mais je pense qu'ici, au sein du CPAS d'Herstal, nous avons vraiment du personnel compétent et motivé qui fera de toute façon son possible pour pouvoir accueillir dignement les personnes", conclut Bojana Visic.
"L'expérience des mois de janvier et février va nous aider pour accueillir la deuxième vague"
Au vu de ces premiers retours, il semble donc que la réforme du chômage ait, pour le moment, suscité plus de peur que de mal au sein des CPAS, qui avaient aussi bien anticipé les choses.