600 000 personnes en Belgique dépendent de l'aide alimentaire. Ce nombre augmente depuis des décennies, plus encore depuis la crise du Covid. Pourtant les moyens du secteur diminuent. Les associations craignent ne plus pouvoir répondre à l'urgence sociale
Un lundi matin comme un autre chez Hesbicoeur. Tôt en matinée, les bénévoles ont fait la tournée des commerces de la région (commerces locaux, grandes surfaces, artisans, ...) afin de récolter toute une série de denrées. Ensuite, dans leur local de la rue de Huy, ils ont trié ce qu'ils avaient ramené pour composer les colis destinés aux bénéficiaires. Ce lundi matin, 73 colis vont être distribués à des personnes inscrites via leur CPAS. Hesbicoeur travaille avec le CPAS de Waremme et ceux de 6 communes voisines. Les distribution ont lieu les lundis et jeudis matins. Les bénéficiaires ont droit à un colis par semaine avec des légumes frais, des produits laitiers, des surgelés, de la viande, du pain, des produits secs, quelques douceurs, le tout conservé et distribué selon les conditions fixées par l'Afsca. La vingtaine de bénévoles ne manque pas de travail. Ils cherchent d'ailleurs quelques aides supplémentaires pour les aider dans la tournée des commerces, conduire la camionnette et transporter les denrées récoltées.
Les bénéficiaires sont des personnes sans emploi, des jeunes, des travailleurs précaires, des familles monoparentales, des retraités. Les colis sont adaptés à la taille des familles. Ils permettent de compléter les achats qu'elles ont déjà réalisés par elles-mêmes, de nouer les deux bouts comme on dit. Pour certains bénéficiaires, sans ces colis, la vie ne serait tout simplement pas possible.
Mais l'inquiétude est palpable chez Hesbicoeur. Malgré le travail des bénévoles, l'association a de plus en plus de mal à répondre aux besoins. Alors qu'elle comptait 300 bénéficiaires il y a quelques mois, ils sont aujourd'hui 360 et pourraient bientôt être 400. En même temps, les moyens diminuent. La banque alimentaire est en difficulté. Le gouvernement fédéral, qui finançait l’achat de produits essentiels à hauteur de 25 millions d’euros en 2025 a diminué ce budget à 15 millions d’euros en 2026, les subsides facultatifs des CPAS pour l’aide alimentaire ne sont pas reconduits et les subsides facultatifs de la Région wallonne ont été supprimés. La récolte auprès des commerçants, grandes surfaces et commerces locaux, est aussi en diminution. Les commerces gèrent mieux leurs stocks et tentent de vendre leurs invendus en vente rapide ou via des applications. L’association redoute de ne plus récolter suffisamment pour répondre aux besoins croissants.
Suite à ce constat, le secteur de l’aide alimentaire en Wallonie et à Bruxelles, lance la campagne #FrigoVide. Elle est destinée à visibiliser l’explosion de la précarité alimentaire en Belgique et l’épuisement des services qui tentent d’y répondre. Tout en rappelant que l’accès à l’alimentation est un droit fondamental, le secteur interpelle et appelle les gouvernements à
- Garantir le droit à l’alimentation
- Soutenir et accompagner les personnes les plus vulnérables
- Donner aux structures d’aide alimentaire les moyens de faire face à l’urgence actuelle