Découverte d'un des plus grand site calaminaire du Benelux : la réserve naturelle de Soëster, aussi appelé site de la Rochette, abrite des espèces rares. Deux nouvelles balades sont proposées par Natagora, qui protège ce lieu exceptionnel.
Difficile d'imaginer, en parcourant les sentiers verdoyants de la réserve naturelle de la Rochette, que le sol cache encore les traces d'un lourd passé industriel. Située dans la vallée de la Vesdre, entre Trooz et Chaudfontaine, cette réserve gérée par Natagora constitue pourtant un exemple remarquable de résilience de la nature. À l'occasion d'une visite guidée, une quarantaine de marcheurs ont découvert ce site atypique, où certaines espèces rares ne survivent que grâce à la présence de métaux lourds dans le sol.
« C'est un site qui a été très malmené par l'industrie, mais aussi par d'autres activités », explique Serge Ticket, conservateur de la réserve. « On y a pratiqué notamment le motocross et organisé des compétitions. Malgré tout, il y a cette résilience de la nature qui est là. »
Cette histoire industrielle est encore visible sur le terrain. Les visiteurs peuvent notamment observer des scories, ces résidus issus des anciens fours à chaux. « Ce sont des déchets industriels riches en métaux lourds », précise Thierry Ory, responsable de la réserve. Ces dépôts ont donné naissance à ce que l'on appelle des pelouses calaminaires, des milieux naturels devenus particulièrement rares en Europe.
Une biodiversité unique
Ces sols pollués accueillent aujourd'hui une faune et une flore très spécialisées. Parmi elles figure la pensée calaminaire, une petite fleur emblématique de la région.
« Elle ne pousse que sur des sols pollués », souligne Serge Ticket. « Et ce qui est remarquable, c'est qu'un papillon lui est associé : le petit nacré. Nous avons la chance de l'observer régulièrement lorsque les conditions sont favorables. »
La réserve abrite également plusieurs espèces d'orchidées sauvages. Sandra Alonzi, bénévole chez Natagora pour la régionale Pays Chantoire, cite notamment l'ophrys abeille et l'epipactis helleborine. D'autres plantes typiques des pelouses calaminaires y trouvent également refuge, comme le tabouret calaminaire.
La réserve joue aussi un rôle important pour certaines espèces animales. Sandra Alonzi participe notamment au suivi du crapaud sonneur à ventre jaune, réintroduit récemment sur le site. « Je réalise des recensements réguliers afin de suivre l'évolution de la population », explique-t-elle.
De nouveaux sentiers pour découvrir la réserve
Pour permettre au public de mieux découvrir ce patrimoine naturel méconnu, de nouveaux parcours balisés ont récemment été aménagés. Deux boucles de trois à quatre kilomètres traversent les différents milieux de la réserve.
« Ces nouvelles balades ont été créées dans le cadre du Plan de relance de la Wallonie consacré aux aires protégées », explique Thierry Ory. L'objectif est de mieux valoriser les réserves naturelles, notamment celles gérées par Natagora.
Si les distances restent accessibles, les promeneurs doivent tout de même composer avec un relief parfois escarpé. Mais l'effort est récompensé par la richesse des observations possibles.
Au fil de la balade, les participants apprennent à ralentir, à tendre l'oreille ou à s'accroupir pour observer les détails d'un écosystème aussi discret qu'exceptionnel. Un patrimoine naturel fragile, dont la découverte s'accompagne de quelques règles simples : rester sur les sentiers balisés, tenir les chiens en laisse et respecter la tranquillité des lieux.