Déjà dégradée il y a quelques semaines, la dalle au nom de Patrick Bruel située rue Pont d'Avroy a été gravée d'une insulte à l'encontre du chanteur de 67 ans. Cela relance le débat qui a lieu autour de cette dalle depuis mars: "Faut-il l'enlever ou pas?"
En 2022, Patrick Bruel était à Liège à l’occasion du festival international du film de comédie de Liège. À cette occasion, il s’est vu décerner le titre de citoyen d’honneur de la ville et une dalle a été placée à son nom rue Pont d’Avroy. Depuis, le chanteur comédien a été accusé par plusieurs femmes de violences sexuelles, mais sa dalle est toujours bien visible. Une vision révoltante pour certains qui l’ont taguée la semaine passée.
"Nos ouvriers sont en vacances"
"Ils ont bien fait", nous lance une passante ! "Ils devraient l'enlever", nous dit une autre. "Il y a assez de dégradations à Liège que pour se passer de celle-là", s'exaspère un passant. Depuis que l’enquête de Mediapart révélant ces violences sexuelles est sortie en mars, la ville a suspendu le titre de citoyen d’honneur de l’artiste de 67 ans, mais sa dalle n’a pas été enlevée ni cachée comme l’avait suggéré l’organisateur du festival international du film de comédie de Liège.
"Nous avons fait ce qui était en notre pouvoir concernant son titre. Nous avons déjà parlé de la dalle avec le FIFCL et nous avons décidé que nous attendrions la suite de l'affaire avant de l'enlever, car cela demande de toucher à la voirie et nos ouvriers communaux sont déjà fort occupés ou en vacances", indique le bourgmestre de Liège, Willy Demeyer.
La présomption d'innocence doit-elle rester un argument pour ne pas enlever cette dalle ?
3 nouvelles accusations pour viol et agression sexuelle sont venues s’ajouter ce mois-ci aux 9 plaintes déjà déposées. Alors la présomption d’innocence doit-elle rester un argument pour ne pas enlever cette dalle ? Nous avons posé cette question à l’association Soralia qui milite en faveur des droits des femmes. "Je pense que ce principe de présomption d'innocence préserve un présumé coupable et offense des dizaines de victimes présumées elles aussi. La présomption ne s'oppose pas au retrait temporaire de cette dalle qui est au milieu de nos rues. Par rapport aux victimes, ce serait une marque de respect. Ensuite parce que la ville est défaillante par rapport à son obligation de neutralité dans l'espace public, cette dalle transforme un espace neutre en un espace de discordance en permanence. C'est une défaillance que l'on peut attribuer à notre collège communal", analyse Pascale Laruelle.
De 150 à 350 € d'amende
Concernant les dégradations, elles sont passibles de 150 euros d’amende, 350 s’il y a récidive en plus des frais de rénovation. Un PV a été dressé à la police de Liège pour l’enregistrer, mais pour l’instant il n’est donc pas question de retirer cette dalle.