Les drapeaux arc-en-ciel ont traversé la ville, depuis la tour des finances jusqu'en Outremeuse. Sous quelques gouttes de pluie, 1200 personnes environ ont marché, dansé, et manifesté dans les rues de Liège.
« Ensemble, même si l’on est différent ». C’est sous ce slogan que s’est tenue la deuxième édition de la Liège Pride. Pendant quatre jours, la Cité ardente a célébré la diversité et les identités LGBTQIA+, avec notamment un cortège organisé ce samedi après-midi.
Avant le départ, l’ambiance est festive et colorée. Pour Sarah Logan, drag-queen et maîtresse de cérémonie de l’événement, la Pride représente bien plus qu’un moment de fête : « C’est carrément un objet de cohésion sociale et pour moi une machine à réparer le monde et à rassembler le monde. » Dans un contexte qu’elle estime marqué par un besoin de cohésion, elle considère la Pride comme « la plus belle manière de montrer qu’on est juste faits d’amour ».
Pour certains participants, le cortège est aussi l’occasion d’affirmer publiquement leur identité. « Je suis ici pour montrer qui je suis, que je peux aimer qui je veux et parce que je suis fier d’être bi ». Pour une autre participante, qui participait à sa première Pride, l’objectif est également d’assumer son orientation : « J’ai envie de dire oui, moi je suis bi et je l’assume. »
« Des droits ont été acquis, on veut les revendiquer »
Après une minute de silence en hommage aux victimes de LGBTphobies à travers le monde, le cortège s’est élancé selon un nouveau parcours, le long des quais de Meuse. Selon la police, environ 1.200 personnes ont pris part à la marche.
Si la Pride se veut festive, elle reste aussi un moment de revendication. « À Liège, on vit tous ensemble toute l’année et on a envie de le célébrer ici le temps d’un week-end », explique le porte-parole de la Liège Pride, David Scholpp. Mais il rappelle aussi que les agressions homophobes, transphobes et biphobes existent toujours et que certains droits restent à défendre : « Il y a des droits qui ont été acquis. On veut les valider, les revendiquer et puis en obtenir d’autres encore. »
Parmi les participants, la Rainbow Family, un collectif de parents d’enfants LGBTQIA+, avait déjà participé à la Pride liégeoise il y a deux ans. Le collectif avait alors ressenti « un sentiment de bienveillance et d’amour », explique une représentante. Une atmosphère qu’elle souhaite également pour les enfants : « Qu’ils soient hétéros, trans, gays, pour nous, ce n’est pas une différence, c’est un atout, c’est une richesse et on veut le partager avec un maximum de gens. »
L’Université de Liège était également présente dans le cortège. Pour sa rectrice, Anne-Sophie Nyssen, cette participation permet de « réaffirmer notre engagement en faveur de la diversité et des droits de chacun ».
Dans la foule, les motivations sont multiples. Certains manifestent pour les droits LGBTQIA+ encore inexistants ou menacés dans plusieurs pays, notamment en matière de droits des personnes trans, d’adoption ou de reconnaissance des familles homosexuelles et lesbiennes.
D’autres associent la Pride à d’autres combats sociaux et politiques. « C’est aussi important ici de manifester parce qu’il y a d’autres combats », souligne une participante, évoquant notamment la présence de militants antifascistes et de personnes mobilisées pour la Palestine.
Pour une autre manifestante, également engagée contre les mesures du gouvernement fédéral, le climat en Belgique évolue et devient « très compliqué pour certains gens de la communauté ». Une raison supplémentaire, selon elle, de participer au cortège et de montrer son soutien.
Au-delà des frontières belges, certains participants souhaitent également rappeler les difficultés rencontrées par les personnes LGBTQIA+ dans d’autres pays. « On n’a pas trop à se plaindre à Liège, mais quand je vois au Sénégal, c’est cinq années de plus de prison, donc ça fait dix ans de prison », témoigne un participant, qui insiste : « On est là, on existe, on veut montrer qu’on existe. »
Une journée festive, donc, mais aussi un moment pour rappeler que l’égalité reste un combat.