Depuis le vote de la réforme de l’enseignement, certains professeurs ont décidé ou ont été forcé de changer de carrière. Les syndicats ont estimé que 1 500 personnes ont perdu leurs heures de cours, souvent des nouveaux professeurs.
En votant pour augmenter le nombre d'heures de travail des professeurs du secondaire supérieur de 20 à 22 h dès l'année prochaine, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a supprimé des emplois.
"Je travaillais bien plus comme prof que comme pharmacienne"
C'est par exemple le cas de Bénédicte. Après une année de temps plein comme prof de sciences, elle a dû renoncer à sa reconversion. Après le vote des mesures, sa direction lui a clairement dit qu'elle n'aurait pas de quoi remplir un mi-temps. Cette mère de 3 enfants a donc dû faire un choix à contrecœur.
"L'enseignement reste dans un coin de ma tête, car j'ai adoré ce métier, mais c'était impossible de poursuivre dans ces conditions. On dénigre énormément les profs, mais moi,je peux vous dire que j'avais beaucoup plus de travail en étant que prof qu'en étant pharmacienne", insiste Bénédicte.
Plus de travail, mais avec plus de sens. C'est un sentiment que partage également Agnese qui a quant à elle décidé de continuer sur la voie de sa reconversion en prof, même si en juin, on lui a annoncé qu'elle perdait toutes ses heures de cours pour l'année prochaine.
"En août 2025, 3 écoles m'ont appelée. Là, aucune"
"À la mi-août 2025, je savais déjà que j'avais un temps plein pour la rentrée alors que je venais d'être diplômée. Donc ça veut dire que j'étais tout en bas des listes. Donc j'ai vraiment senti qu'il y avait une pénurie. Par contre, pour l'année prochaine, je n'ai toujours rien alors que j'ai déjà un tout petit peu d'ancienneté. Ça va être plus compliqué et je n'aurai que des remplacements de quelques semaines, pas des places vacantes d'une année. Ça n'est confortable ni pour les élèves ni pour moi", analyse Agnese.
Un pansement sur une pénurie partie pour durer
Cette réforme a des impacts sur les élèves et les professeurs actuels, mais aussi sur les suivants. "On jette du discrédit sur le métier d'enseignant. On nous traite comme des feignants donc ils essaient de résorber la pénurie en augmentant les heures des profs déjà présents et en même temps, ils créent des conditions de travail qui ne donnent plus envie de travailler là-dedans. Et du coup, les jeunes n'ont plus envie de s'engager dans ce parcours-là", explique Agnese.
Alors à force d'attaquer cette profession, subirons-nous les mêmes pénuries qu'en Angleterre ou qu'au Portugal, par exemple ? Une chose est sûre, c'est qu'à force de forcer le prestige et la qualité de vie des professeurs, nous suivons l'exemple de ces pays qui font maintenant machine arrière en augmentant leur salaire pour rendre le métier plus attractif et ainsi espérer en finir avec la pénurie.