La cour des comptes a rendu public son rapport concernant le chantier du tram. L'audit est accablant et pointe des faiblesses depuis la genèse du projet et estime un coût global à 1,3 milliard d'euros!
Mise en service le 28 avril 2025, la ligne du tram de Liège est venue renforcer la mobilité liégeoise. Mais à quel prix? C'est sur quoi s'est penchée la Cour des comptes qui dresse une analyse bien sombre sur la gestion du dossier.
Elle explique que, dès la conception du projet, le choix du mode de transport et le choix du tracé ont été opérés avec un niveau de réflexion insuffisant.
À l’origine, le choix du tram s’appuie sur un projet isolé, sans analyse de la réorganisation du réseau de bus existant et sans réflexion sur la faisabilité technique et les moyens financiers.
Quant au tracé, le gouvernement n’a pas justifié, ni au lancement du projet ni ultérieurement, la nécessité d’un tram au regard des besoins pour les tronçons des extensions. En 2024, le gouvernement a définitivement abandonné le projet des extensions, alors estimé à 627,9 millions d’euros. Au 31 décembre 2025, la Cour des comptes a chiffré, de manière provisoire, l’impact de cet abandon à 31,9 millions d’euros HTVA.
En terme de financement, la Région wallonne supporte l'intégralité des coûts. La Cour des comptes souligne également l'important retard sur la construction. Initialement prévue en juin 2017, sa mise en service a eu lieu près de huit ans plus tard. Plusieurs importants aléas sont venus perturber le chantier et le partenariat public-privé (PPP) a éte réalisé "sans analyse coût-bénéfice".
La Cour des comptes a évalué le coût du programme du tram à au moins 263,1 millions d’euros au 31 décembre 2025 et son coût futur à au moins 990,5 millions d’euros HTVA jusqu’en 2052. Cela représente un coût global provisoire estimé à 1,3 milliard d’euros. Le calcul comporte plusieurs limites, notamment des coûts restants à estimer (dont des litiges en cours) qui viendront s’ajouter.
Face à ces nombreux dysfonctionnement, la Cour recommande pour les futurs projets d'infrastructures wallons, de mieux planifier la phase de conception, d'encadrer les PPP ( partenariat public-privé) par une base légale, de fixer des délais réalistes et d'appliquer fermement les pénalités prévues aux contrats.
Le rapport a été transmis au Parlement wallon.