À Huy, une page de l’histoire de la ville s’offre une nouvelle vie. Les remparts, vestiges de l’ancienne enceinte fortifiée, font aujourd’hui l’objet d’un important chantier de restauration. La première phase a débuté fin août.
Au pied de la rue du Condroz, dans le secteur du parc Brivelain, les anciens remparts de Huy font aujourd’hui l’objet d’un important chantier de restauration. La première section concernée se situe entre les jardins des habitations de la rue du Haut Chêne et ceux de la rue des Tanneurs.
Des travaux patrimoniaux qui étaient attendus depuis longtemps.
Ces murs constituent les vestiges de l’ancienne enceinte fortifiée de Huy.
« Ce sont des murs d’enceinte protecteurs qui datent du Moyen Âge, ils font partie intégrante de notre patrimoine », rappelle le Bourgmestre Christophe Collignon.
À l’époque, Huy était une ville fortifiée et ces murailles avaient pour objectif de protéger ses habitants.
Huit sections à restaurer
La portion actuellement en travaux constitue la première étape d’un programme beaucoup plus vaste qui comptera 8 segments
Cette première phase doit durer 100 jours ouvrables et représente un investissement de 200 000 euros.
À terme, l’ensemble du programme devrait s’étaler sur quatre à six ans. Le coût important des interventions s’explique notamment par les contraintes liées à la restauration d’un patrimoine ancien.
Une histoire qui remonte au XIe siècle
L’histoire des remparts remonte à 1066, lorsqu’une charte des libertés est accordée aux Hutois. En échange de nouveaux droits, les habitants doivent notamment participer à la protection de la cité.
« On a commencé à ériger des premières fortifications, ces premières défenses étaient encore rudimentaires, essentiellement constituées de bois, à l’exception de quelques tours" explique Stéphanie Ratz, Responsable du Service Patrimoine à la Ville de Huy.
C’est ensuite au cours des XIIe et XIIIe siècles que les fortifications en pierre sont progressivement construites. Ce sont ces murailles dont certains vestiges sont encore visibles aujourd’hui.
À leur époque, ces remparts avaient une fonction essentielle : préserver la ville de toutes les attaques des puissances étrangères .
Des remparts marqués par les conflits
L’enceinte fortifiée a notamment été confrontée aux guerres de Louis XIV, à la fin du XVIIe siècle. Les troupes françaises ont alors attaqué les fortifications.
« Le but était vraiment de les mettre par terre pour empêcher que la fortification puisse jouer son rôle de protection sur la ville », rappelle la Responsable du Service Patrimoine.
Après ces destructions, les moyens nécessaires à leur reconstruction faisaient défaut. Plusieurs portions sont donc restées à l’abandon pendant des décennies.
Aujourd’hui, une partie de ces vestiges se trouve encore sur des terrains privés, tandis que d’autres sont accessibles ou visibles depuis l’espace public.
Préserver le patrimoine hutois
En concertation avec l’ Agence wallonne du Patrimoine (AWAP), la Ville a choisi de procéder progressivement, par sections. L’objectif est de pouvoir mener une restauration complète et cohérente de chaque portion avant de passer à la suivante.
Après plusieurs siècles d’existence et une longue période d’abandon pour certaines portions, les remparts hutois entament donc une nouvelle étape de leur histoire : celle de leur sauvegarde.