Au collège Saint-Barthélemy, les élèves de rhétos faisaient déjà leur rentrée ce lundi. "Une tradition", nous dit le Directeur, qui espère les raccrocher à l'école le plus vite possible, après 3 mois de vacances.
Ils n'avaient plus mis les pieds dans l'enceinte de l'école, ou presque, depuis le 18 mai. Mais ce lundi, les élèves de rhétos du collège Saint-Barthélemy ont été parmi les premiers à faire leur rentrée. Avec un mot dans la bouche de plusieurs: "bizarre". "Ca fait bizarre parce que ça fait très longtemps qu'on n'est plus venus. Et puis, comme on n'a pas eu d'examen l'année dernière, on a un peu l'impression d'être encore en 5e, et pas en rhéto", nous explique Freya.
Pour Wanis aussi, la situation est particulière: "Ca fait bizarre, et honnêtement, on était bien en vacances. Mais j'espère qu'on aura une bonne année, c'est la dernière ligne droite, et que les grèves ne vont pas trop perturber."
"Remettre l'école dans le quotidien des élèves"
Au programme de la rentrée, les classiques: accueil, répartition dans les classes et discours du directeur. "Je leur ai dit qu'il fallait qu'ils refassent une place pour l'école dans leur quotidien. J'ose espérer qu'ils sont contents de revoir les autres élèves, les professeurs et de revenir à l'école", explique Damien Ledain.
Au total, le directeur estime que les élèves ont perdu quatre semaines de cours, en fin d'année. Les apprentissages manqués seront rattrapés dès le début d'année. "Pour les élèves qui étaient en difficulté l'année dernière et qui sont passés en rhétos, il y a des cours de rattrapage en début d'année, avec une évaluation qui comptera pour leur année. Et pour tous, on va lisser la matière des cours essentiels qui n'a pas pu être vue l'année dernière sur toute l'année, donc ça va bien se passer."
"On n'est pas devenus fans des économies"
Cette rentrée est aussi synonyme de nombreuses réformes. D'un côté, les mesures d'économie votées le 7 juin dernier, parmi lesquelles l'ajoute de 2 périodes de cours aux professeurs de l'enseignement secondaire supérieur, la révision des congés de maladie et des accès à la pension, ou encore le retour d'enseignants qui étaient auparavant détachés pour d'autres fonctions, notamment au sein de l'administration. Tout cela, a eu des conséquences sur l'organisation de l'école et pour l'emploi. "On n'est pas devenus fans des mesures d'économies en deux mois", concède Damien Ledain. "Mais on a essayé qu'elles aient le moins d'impact possible. Ca a demandé beaucoup de travail de tout implémenter en peu de temps. On veut regarder vers l'avant, même si j'ai une pensée pour l'une ou l'autre collègue qui n'est pas rentré aujourd'hui."
Tronc commun en 1è année : "Des opportunités"
L'autre grande réforme qui entre en vigueur, c'est le Pacte pour un enseignement d'excellence, qui fait son entrée en 1e année du secondaire. Cette première année du cycle secondaire comptera ainsi six périodes de français-langues anciennes, cinq de mathématiques (soit une de plus qu'initialement prévu), quatre de langues, trois de sciences, quatre d'histoire-géo, ainsi que deux périodes dévolues au numérique et une à la FMTT (Formation Manuelle, Technique et Technologique). La 1e année différenciée (qui accueillait jusqu'à présent les élèves ayant raté leur CEB) est dorénavant supprimée. Mais les moyens budgétaires ainsi récupérés seront utilisés pour organiser un encadrement renforcé au bénéfice des élèves en plus grande difficulté. "C'est la grande réforme de ce début d'année", commente Damien Ledain. "Il y a de nouveaux cours, de nouvelles matières, qui ont demandé du travail aux professeurs pour les préparer. Il faudra certainement un peu de temps mais c'est une réforme qui donne des opportuntiés aux élèves, et renforce l'accompagnement."
Cette rentrée se passe tout de même dans un contexte social tendu. Un préavis de grève court encore jusqu'au 27 septembre et des réunions sont prévues cette semaine avec les syndicats. Des actions sont possibles en fin de semaine dans certains établissements, en même temps que la grève des TEC.