La grève dans l'enseignement continue de prendre de l'ampleur. 3 à 4000 enseignants, élèves, étudiants, ou encore retraités étaient rassemblées Esplanade Saint-Léonard à Liège ce matin.
Le soleil de plomb et les températures proches des 30 degrés n'ont pas miné le morale des troupes. Entre 3 et 4000 personnes ont réédités leurs griefs à propos des réformes envisagées par la Fédération Wallonie-Bruxelles dans le domaine de l'enseignement. Désormais, ce ne sont plus seulement les professeurs et élèves du secondaires, mais des acteurs de tous niveaux d'enseignement qui se mobilisent.
"Attaque à tout le système, de la maternelle au supérieur"
Des instituteurs primaires et même maternelles étaient en effet aussi présents ce matin. "Ces réformes sont une attaque à tout le système de la maternelle au supérieur. La fin des repas gratuits dans les écoles vont appauvrir les familles de certains milieux, ce qui va accroitre les inégalités. Et ce sont ces familles-là qui n'auront plus accès à l'enseignement supérieur par après à cause du prix du minerval", explique Fabien Crutzen, permanent CSC-E Liège-Verviers.
Les académies rejoignent aussi le mouvement
Nouveauté cette semaine, alors que la mobilisation continue de croître, de nouveaux acteurs de l'enseignement se joignent à leurs collèges et confrères. C'est le cas notamment des académies. "Le minerval va passer à 95 euros pour les enfants de moins de 12 ans, alors que c'était gratuit jusqu'ici", explique Katia Chikowski, professeur de théâtre. "Moi j'ai des enfants qui viennent apprendre le théâtre très jeune, après l'école. Ca remplace la garderie, pour les parents et c'est un premier pas pour eux à l'académie et vers des cours après. On voit en quelques années certains qui accrochent, qui se développent grâce au théâtre ou à la musique. Mais si le minerval passe à 94 euros, beaucoup de familles devront faire des choix dans les activités".
Autre problème: la future interdiction, pour les académies, de prélever un minerval supplémentaire. Ce qui pourrait condamner certains structures. "Certaines académies ne sont pas financées par les communes et relèvent du réseau libre non conventionnel. Elles demandent quelques dizaines d'euros en plus du minerval de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour assurer tout ce qui vient autour de l'enseignement au sein de l'acaémie: une secrétaire par exemple, l'achat et l'entretien de piano dans les classes, et les frais du bâtiment", explique Dorothée Pietquin, professeur de guitare. "Si on supprime ça, certaines académies n'auront plus de fonds pour se financer, et risquent simplement la faillite."