À Modave, l’école privée Les Deux Chênes a fait sa rentrée ce lundi. Depuis dix ans, elle propose une pédagogie alternative à une quinzaine d’enfants, avec un fonctionnement adapté à chacun.
« Et voilà, content de vous revoir ! » À l’école Les Deux Chênes, située rue Rausa à Modave, les retrouvailles rythment cette rentrée. « Oh Alex, tu as grandi ! » Le petit garçon a 7 ans, mais ne restera cette fois que quelques semaines. Ses parents travaillant à l’étranger, il est régulièrement de passage en Belgique. Sa grand-mère Ingrid vient donc chercher ici une solution flexible. « Il était déjà venu quand il avait 5 ans. Quand il revient en Belgique, nous voulons le scolariser pour qu’il garde un contact social et continue à apprendre correctement. » Cette souplesse est rendue possible par le fonctionnement particulier de l’établissement. Une classe de maternelle et une classe de primaire accueillent une quinzaine d’élèves maximum. « Je trouve ça riche de mélanger les âges. Un enfant de 7 ans ne sera pas forcément prêt au même moment qu’un autre », explique Audrey Nagant, institutrice et fondatrice de l’école.
L’enseignante a créé Les Deux Chênes il y a dix ans, après avoir elle-même ressenti un décalage avec le système classique. « Je ne me reconnaissais plus dans le système classique. J’ai voulu créer quelque chose de plus adapté à chacun. Nous ne pouvons pas faire rentrer les enfants dans un moule. »
Ici, le programme obligatoire de la Fédération Wallonie-Bruxelles est bien suivi, tout comme le CEB. Mais la manière d’enseigner diffère. « Nous nous permettons d’apprendre avec plus de liberté, avec de plus petits groupes et chacun à son rythme. » Les cours peuvent aussi se faire dehors, et la langue des signes est proposée cette année aux deux élèves malentendants présents dans l’école.
Une pédagogie qui séduit des familles qui ne se retrouvent pas dans l’enseignement traditionnel. « Le fonctionnement classique ne correspondait pas du tout à ma fille. Il a fallu lui redonner le goût d’apprendre. Maintenant, ce goût est revenu, c’est vraiment incroyable », témoigne un papa, dont la fille fréquente l’école depuis six ans.
Pour une autre maman, c’est surtout la place accordée à la nature qui a fait la différence. « Je voulais une école du dehors. Ici, l’enseignement se donne, mais la nature n’est pas exclue du programme. »
Cette liberté pédagogique a toutefois un prix. L’école, qui ne bénéficie pas de subsides, demande environ 6.000 euros par an et par enfant. Une somme qui finance notamment les salaires des enseignants.