La Wallonie compte près de 3900 hectares de friches industrielles. Après exploitation, la nature s’y est développée spontanément. Le projet FrichNat vise à réaliser un inventaire de ces zones et à évaluer leur richesse en matière de biodiversité.
A Chaudfontaine, l'ancien site des Laminoirs de la Rochette appartient aujourd'hui à la Spaque. Depuis la fin du 18ème siècle, il a accueilli des activités assez polluantes : une fenderie, une ferblanterie, une filature, un laminoir et, à partir des années 70, une activité d'anodisation de l'aluminium.
En 2014, le site laissé à l'abandon, fait l'objet d'actes de vandalisme avec un risque de pollution très important. La Spaque intervient, elle le sécurise et déconstruit les bâtiments restants. Depuis, le site n'a pas été dépollué en profondeur mais il fait l'objet d'un monitoring constant par le biais de prélèvements d'eau et l'analyse de la nappe phréatique.
Ce site fait partie de la quarantaine de sites wallons évalués dans le cadre du projet FrichNat pour Friches Naturelles. L'unité biodiversité, écosystèmes et paysages de la Faculté Agro Bio Tech de Gembloux (ULiège) a fait appel au Cercle des Naturalistes de Belgique. Bénévolement, certains de ses membres ont réalisé à plusieurs reprises des observations selon un protocole très strict. Lors de la 1ère année, il s'agissait d'observer les populations d'une certaine variété de punaises, (Thyréocore scarabée - Thyreocoris scarabaeoides). Sur le site calidifontain, les naturalistes ont recensé plus d'une quinzaine d'espèces différentes dont certaines encore jamais observées en Belgique. En 2026, l'inventaire concernera les araignées et, par la suite, les reptiles, les orthoptères (insectes possédant 4 ailes) et les lichens.
Evaluer la richesse d'une friche industrielle en matière de biodiversité permettra de mieux envisager leur réaffectation par la suite. On peut imaginer que celles présentant une biodiversité moins riche pourraient plus aisément être dédiée à des projets de reconversion en matière de logement ou d'activité économique. Les plus intéressantes en matière de biodiversité disposeraient d'arguments validés pour être maintenues en espaces verts, notamment en milieu urbain.
Pour en savoir plus :
https://cercles-naturalistes.be/frichnat-le-rapport-final-sur-les-friches-industrielles-wallonnes