Suspendue à 55 mètres au-dessus du canal Albert, la passerelle de Caster ouvre au public ce 25 avril. Un nouveau site spectaculaire… mais encadré de près pour préserver une biodiversité exceptionnelle.
La passerelle de Caster est officiellement accessible depuis ce samedi 25 avril. Les premiers curieux découvrent déjà la vue depuis ses 55 mètres de hauteur. Au-dessus du canal Albert, elle relie les plateaux de Caster et de Bassenge.
Implantée en pleine nature, entre champs et forêts, cette nouvelle infrastructure devrait attirer de nombreux visiteurs. Sur place, deux gardes forestiers veillent au respect du site et sensibilisent les promeneurs.
« On est ici pour faire du contrôle et de la prévention. Notre deuxième casquette, c'est une casquette de gestionnaire », explique Raphaël Magermans, garde forestier au DNF. « Sur ce site, on va travailler sur la restauration de certains milieux autour de nous. On est dans des milieux ouverts, avec des cultures et des prairies, mais aussi des contreforts boisés avec des forêts anciennes, une érablière de ravins… Toute une série de milieux variés qui entraînent une biodiversité vraiment intéressante. »
Mais cette ouverture s’accompagne aussi d’incertitudes. « La crainte, c'est qu'on va vers l'inconnu. On ne sait pas du tout si cette passerelle va amener des gens, ni quel type de public. C’est surtout au niveau du nombre que se situe l’inquiétude, et le respect des règles de base », poursuit-il.
Pour accéder à la passerelle, impossible d’y arriver directement : les visiteurs doivent emprunter les sentiers et traverser la nature environnante. Certains itinéraires ont d’ailleurs été adaptés pour garantir davantage de sécurité.
« Ici, on est face à un chemin qu’on a décidé de fermer au public, après de nombreuses réunions avec l’ASBL Vialta », précise Raphaël Magermans. « Il passe très près des aplombs rocheux et était très difficile à sécuriser. Cela aurait coûté énormément d’argent, donc on a décidé de le retirer du plan de circulation. »
Des règles à respecter
Tenir son chien en laisse, rester sur les chemins… des gestes simples, mais essentiels.
« Le code forestier impose aux piétons de rester sur les sentiers et aux vélos de rester sur les chemins. On veut éviter que les gens sortent des sentiers, créent du piétinement et dérangent la faune, surtout dans des sites sensibles comme celui-ci », rappelle le garde forestier.
Autre point de vigilance : les feux et le bivouac, qui pourraient être tentants dans ce cadre naturel.
Le site abrite une biodiversité remarquable : pelouses calcaires, orchidées, reptiles… autant d’espèces rares qu’il faudra protéger malgré l’arrivée des visiteurs.
Un accord a d’ailleurs été conclu entre plusieurs associations de protection de la nature en Belgique et aux Pays-Bas pour limiter l’impact de la fréquentation.
L’accès à la passerelle sera ainsi payant : 3 euros par visiteur. Un droit de passage destiné à financer la protection du site et à réguler l’affluence.
Un décor spectaculaire, mais un équilibre fragile que chacun devra préserver.