L'assemblée générale des travailleurs du TEC Liège-Verviers a décidé de poursuivre le mouvement de grève entamé le 26 janvier, jusqu'au lundi 9 février, date à laquelle une nouvelle AG est prévue.
Ce jeudi soir, une réunion entre la direction de l'Opérateur de Transport de Wallonie et les représentants des syndicats du TEC avait permis de renouer le dialogue entre les deux parties. En effet, à l'issue de la réunion, qui a duré presque 3 heures, les deux parties s'étaient accordées pour geler la mise en place des mesures d'économie (prévues au 1er avril) jusque fin d'année, afin de laisser le temps à des négociations.
Mais pour une majorité des travailleurs du TEC Liège-Verviers, ces promesses restent insuffisantes. "La reprise des négociations était une porte ouverte", concède Fabian Quintiens, secrétaire régional CGSP. "Mais les travailleurs ont estimé qu'il faut des mesures concrètes maintenant".
Une décision qui ne fait pas l'unanimité
Toutefois, après 12 jours de grève, les travailleurs désireux de reprendre le travail sont de plus en plus nombreux. C'est en tout cas ce qu'il ressortait des échos que l'on a eu à la sortie de l'AG. Ainsi, l'un d'eux nous a expliqué avoir l'impression que poursuivre la grève va faire pire que mieux. "On se tire une balle dans le pied. C'est incohérent pour moi. Le risque est qu'ils (la direction, NDLR) fassent marche arrière et bloquent à nouveau tout. A ce moment-là, on repartirait de zéro", craint-il.
Beaucoup de mesures à revoir
Du côté des travailleurs qui souhaitent poursuivre la grève, on souligne que les négociations n'offrent aucune garantie de revenir sur les mesures d'économie décidées. "Promettre de reprendre les négociations ne garantit pas qu'à la fin de l'année, la situation aura changé. C'est juste une manière de reporter le problème à plus tard. Et si ça n'aboutit pas, on devra faire à nouveau grève fin de l'année."
Certains soulignent aussi que la liste des points à discuter est longue. "Tout ce qui a dans le nouveau contrat de transport qui doit rentrer en vigueur au 1er avril, et auquel on s'oppose, ce sont des acquis des mois de grève qui ont lieu en 2000. A l'époque, une perte salariale avait été compensé par d'autres mesures, comme le fonds social wallon. Et c'est ça qui est remis en cause aujourd'hui." Autre mécontentement, la question des "roulements", c'est-à-dire des horaires. "Après un certain temps, les chauffeurs peuvent choisir des roulements et s'installer dans un rythme précis qui leur permet d'avoir une stabilité, ce qui est important pour la vie de famille etc. Ici, on changerait ça, de sorte que tous les chauffeurs pourraient voir leur horaire changer, jusqu'à 72 voire 48h avant. C'est impossible, dans ces conditions, d'organiser son quotidien, de prendre des rendez-vous, médicaux ou autres."
Voilà pourquoi une majorité de travailleurs des TEC Liège-Verviers votants a décidé de poursuivre la grève, au moins jusqu'à lundi 9 février 9h, date d'une nouvelle assemblée générale.