L'espace Monulphe et ses 44 travailleurs sont presque prêts. C'est là que les exclus du chômage qui veulent bénéficier d'une allocation du CPAS devront se rendre pour ouvrir un dossier. Et ce à partir du 2 janvier.
L'espace Monulphe, c'est un ancien centre de service de promotion de la santé à l'école. Inoccupé depuis plusieurs années par la Ville de Liège qui envisageait de le mettre en vente, il trouve depuis plusieurs semaines une nouvelle vie inattendue. C'est désormais le CPAS qui l'occupe. Il y a installé son centre d'accueil des futurs exclus du chômage, qui voudront solliciter une aide sociale. "On l'a totalement réaménagé", explique Alix Dequiper, Directrice sociale du CPAS de Liège. "On a surtout refait les peinture, changé certains radiateurs, mis des bureaux, des ordinateurs. Tout est fait pour être le plus efficace possible pour répondre aux demandeurs."
Une vingtaine de nouveaux employés
44 travailleurs, c'est-à-dire des agents d'accueil, agents administratifs et assistants sociaux, vont travailler dans cette nouvelle antenne du CPAS et être dédiées uniquement au traitement des demandes d'allocation du CPAS. Parmi les travailleurs, une moitié vient d'être engagée. "On voulait vraiment un mix entre des travailleurs du CPAS déjà expérimentés, et des jeunes", détaille Alix Dequiper. "Je pense que comme ceci on a une très bonne équipe."
Parmi les nouveaux engagés, il y a quelques assistants et assistantes sociaux dont ce sera la première expérience professionnelle. Ils ont bénéficié d'une formation express de quelques semaines, et peaufinent encore leurs connaissances avec une superviseuse, Christina Collard. "On leur a donné déjà plusieurs semaines de formation. Et ici, on peaufine, on révise encore les calculs des revenus pour être le plus prêt possible pour vendredi."
1523 personnes exclues dès ce jeudi
Au 1er janvier, 1523 personnes perdront leurs allocations de chômage sur le territoire de la ville de Liège. Toutes ne vont pas se tourner vers le CPAS pour continuer à bénéficier d'une allocation, mais le CPAS de Liège s'attend tout de même à un certain afflux, dans le seul et unique guichet de demande qu'est l'espace Monulphe, pour les exclus du chômage. "On a tout mis en oeuvre pour que toutes les personnes qui se présentent puissent être accueillies", témoigne Alix Dequiper. "Chaque étape est pensée, et l'idée est que les personnes puissent avoir au moins un premier contact avec un agent. Si la demande ne peut pas être traitée le jour-même, on fixera un rendez-vous pour un autre jour."
Un dossier plus complexe à monter qu'un dossier de chômage
La difficulté, c'est que les démarches pour bénéficier d'une allocation du CPAS sont relativement complexes, plus en tout cas que celles pour bénéficier du chômage. "Dans le cas des allocations de chômage, on ne prend en compte que les revenus du demandeur. A l'inverse, dans le cas des allocations du CPAS, on prend en compte la situation de l'ensemble du ménage, donc les cohabitants, les parents, les enfants. Et donc quelqu'un qui était au chômage, ne pourra peut-être pas bénéficier d'allocations de la part du CPAS."
D'ailleurs, les demandeurs n'auront pas de réponse immédiate à leur demande. Il faudra, pour cela, que le dossier soit un maximum complet, avec l'ensemble des revenus du ménage, et que la situation du demandeur soit en ordre. Et à partir de là, ce sont les antennes locales du CPAS de Liège qui prendront le relais pour réaliser une enquête sociale, à propos du demandeur et évaluer la faisabilité de sa demande.
Près de 8000 personnes perdront leur droit au chômage d'ici à juillet 2027
L'espace Monulphe ouvrira donc à partir du 2 janvier, pour accueillir les exclus du chômage qui souhaiteront faire la demande d'une aide du CPAS. C'est la première de 7 vagues d'exclusion, qui verront au total 7800 personnes être exclues d'ici à juillet 2027, pour autant qu'elles n'aient pas trouvé de travail d'ici-là. Après celle de janvier, 3 autres vagues concerneront, à Liège, plus d'un millier de personnes: celles de mars 2026 (1949 personnes), avril 2026 (1933 personnes) et juillet 2026 (1274 personnes).
Tout est en tout cas mis en place pour les accueillir les demandeurs le plus sereinement possible. Avec la promesse d'être reçu, ou d'avoir une date de rendez-vous.