Comeos a introduit un recours auprès du Conseil d'État contre la nouvelle taxe imposée par la Ville de Liège sur les caisses en libre‑service. Cela risquerait de créer un précédent dangereux dans un contexte de pression fiscale, selon elle.
La ville de Liège a décidé d'instaurer à partir de cette année une taxe de 519 euros par caisse libre-service, soit les dispositifs automatisés permettant à la clientèle de scanner et payer ses achats elle-même. "C'est une mesure contre-productive qui freine l'innovation et la digitalisation du secteur", avait déjà réagi Comeos au mois d'octobre, à l'annonce de cette nouvelle taxe.
"Des commerçants innovants ciblés"
Les caisses en libre‑service permettent aux magasins de fonctionner plus efficacement, de réduire les files d'attente et de consacrer davantage leur personnel à l'accompagnement et au service, argumente la fédération. "Ce sont précisément les commerçants qui veulent innover qui sont visés, tant dans le retail que dans l'horeca", regrette jeudi son CEO Pascal De Greef.
Cette taxe va, de plus, à l'encontre de la transition numérique encouragée partout ailleurs. "Les pouvoirs publics - y compris la Ville de Liège - investissent massivement dans la digitalisation de leurs services, tout en taxant les commerçants qui modernisent leurs magasins dans la même direction", s'étonne Comeos.
"Les caisses ne suppriment pas des emplois"
La Ville de Liège justifie notamment la taxe par des considérations liées à l'emploi, mais cet argument ne tient pas, balaie la fédération. "Les caisses en libre‑service ne suppriment pas d'emplois : le personnel reste présent, avec des tâches qui évoluent vers davantage d'accompagnement, de réponses aux questions, de réassort, de contrôle qualité et d'hygiène."
Et Comeos de rappeler que plus de 24.000 postes sont actuellement vacants dans le commerce en Belgique. "Le commerce n'est pas une vache à lait'", conclut Pascal De Greef, redoutant un dangereux précédent. "Notre secteur emploie des centaines de milliers de personnes et contribue substantiellement à l'économie. Pour continuer à jouer ce rôle, nous devons pouvoir investir et innover - pas être pénalisés."