Dès ce vendredi tôt en matinée, les agriculteurs vont une nouvelle fois manifester contre l’accord entre l’Union Européenne et le MERCOSUR, accord qui pourrait être voté demain au Conseil européen et qui causerait beaucoup de tort à nos agriculteurs.
La situation à l'échangeur de Loncin ce matin :
Pierre-Henri Christophe fait partie des 150 agriculteurs qui sortiront leur tracteur tôt dans la matinée de demain pour perturber le trafic à l’échangeur de Loncin. Cela, afin de manifester son mécontentement envers l’accord entre l’Union Européenne et le Mercosur, en passe d’être voté. "Ça va être une catastrophe, autant pour la santé humaine de la population que pour nos agriculteurs ici en Europe", prévient Pierre-Henri Christophe, agriculteur. "Les pays du Mercosur ne respectent pas du tout les mêmes normes sanitaires que nous et d'autres non plus, comme les pesticides, etc. C'est pour ça qu'on veut montrer notre colère et avertir la population de ce qui va se passer s'il y a signature de cet accord".
"On ressent beaucoup de haine parce qu'on a l'impression qu'on ne nous écoute pas"
Malgré les nombreuses manifestations déjà réalisées précédemment, dont la dernière pas plus tard qu’en mi-décembre dernier à l’aéroport de Liège, la situation ne semble pas changer. Pire même, la Commission européenne souhaite faire passer le vote sur cet accord dès demain, afin de pouvoir ratifier l’accord dès le 12 janvier. "On ressent beaucoup de haine, parce qu'on a l'impression qu'on ne nous écoute pas alors que finalement, nous sommes là pour le bien-être de tout le monde. Et puis ici en Europe, on est vraiment respectueux du bien-être animal et de toutes les normes qu'on nous impose à longueur d'années", précise encore Pierre-Henri Christophe.
Tout un pan de l'économie belge menacé
Le risque d’un tel accord est aussi de voir disparaitre nos agriculteurs locaux, qui ne pourraient pas faire face aux prix des pays du Mercosur. Et à travers l’agriculture, c’est toute un pan de l’économie belge qui risque de disparaître, comme le rappelle justement Olivier Hoche, entrepreneur agricole faisant partie de la FJA basse Hesbaye. "Il faut quand même savoir qu’autour du milieu agricole, il y a quand même plusieurs filières qui suivent : les concessionnaires de machines agricoles, les entrepreneurs, les négociants en céréales ou autres produits agricoles... C'est quand même un grand pan de l'économie qui dépend de l'agriculteur de base. Il faut revenir à nos cours d'école : le premier pilier de l'économie, c'est le secteur primaire, soit l'agriculture, et puis l'industrie et enfin le secteur des services. En défendant d'abord mes convictions, je viens aussi défendre ma profession, le revenu de mes clients pour que toute la chaîne puisse vivre de A à Z aussi".
"Le premier pilier de l'économie, c'est le secteur primaire, soit l'agriculture"
Une soixantaine de tracteurs sont attendus à l’échangeur de Loncin demain aux alentours de 5h du matin. Il est donc vivement conseillé d’éviter la zone lors de vos déplacements, d’autant que les conditions météo annoncées devraient davantage compliquer les choses.