Trembleur a renoué ce week-end avec une tradition tombée dans l’oubli depuis un demi-siècle : la fête de la Saint-Gerlach. Messe, procession et bénédiction d’animaux ont rassemblé habitants, agriculteurs, et visiteurs néerlandais.
Trembleur a renoué ce week-end avec une tradition que l’on croyait définitivement disparue : la célébration de la Saint-Gerlach, fête en hommage au protecteur du bétail et des agriculteurs. Tombée en désuétude dans les années 70, elle a été ressuscitée grâce à l’initiative conjointe de plusieurs comités, soutenus par la commune de Blegny.
« Lorsque le JB et Be21, les deux associations organisatrices, nous ont contactés, nous avons immédiatement accepté de les épauler », explique le bourgmestre, Jérôme Cochart. Pour lui, le geste dépasse le folklore : « La Saint-Gerlach bénissait le bétail et soutenait les agriculteurs. Dans le contexte actuel, avec l’accord du Mercosur et des agriculteurs mécontents, il est important pour la commune de poser un acte, peut-être symbolique, mais significatif. »
Procession, bénédiction et retour aux racines rurales
La journée a démarré avec une messe dans la chapelle du village, avant une procession vers plusieurs fermes. Comme autrefois, animaux et bétail ont été bénis — un geste qui rappelle le rôle central que joue encore aujourd’hui l’agriculture locale, même si les exploitations se raréfient.
Relancer la fête était aussi une manière de retisser les liens entre habitants. « Trembleur est un village convivial », témoigne l’un des organisateurs, Lionel Mira Torres. « En discutant avec un ancien du village, on s’est souvenu que la Saint-Gerlach se célébrait ici entre 1922 et les années 1970. C’était l’occasion de se retrouver, de redonner vie à une chapelle peu utilisée et de mettre à l’honneur nos agriculteurs. »
L’événement a également attiré un public venu de plus loin, notamment des Pays-Bas, même si la neige a empêché une délégation de 25 frontaliers de se rendre à Trembleur. Maurice Essers, président des Amis de Saint-Gerlach, était présent pour rappeler l’origine du saint.
« Gerlach était un saint du XIIᵉ siècle, né près de Maastricht. Après un pèlerinage à Jérusalem, il est devenu ermite, installé au cœur d’une communauté aux Pays-Bas. Il est finalement devenu le saint protecteur du bétail », raconte-t-il avec enthousiasme.
La fête s’est prolongée l’après-midi avec un marché de producteurs locaux, confirmant la volonté d’inscrire la tradition dans les réalités d’aujourd’hui : circuits courts, soutien aux fermes locales, rencontres villageoises.
Les organisateurs espèrent désormais que cette renaissance ne sera pas un événement isolé, mais bien le premier chapitre d’un rendez-vous régulier, capable de resserrer les liens entre habitants, agriculteurs… et voisins néerlandais.