À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, la Cité Miroir propose une visite guidée consacrée au matrimoine liégeois.
Aldegonde Desmoulin, Lucie Dejardin, Berthe de Laon… Ces noms ne vous disent peut-être rien, ou pas grand-chose. Pourtant, elles ont marqué l’histoire. À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, ce 8 mars, la Cité Miroir organise une visite guidée pour découvrir le matrimoine liégeois. Car si ces femmes ont marqué leur époque, leurs traces restent souvent discrètes dans l’espace public.
Pour Jennifer David, responsable pédagogique et animatrice pour Mnema, l’espace public raconte beaucoup sur notre société.
« C'est dans l'espace public que s'exprime toute une série de choses qui racontent l'histoire de notre société, son fonctionnement, les rapports de force aussi qui sont liés. Et c'est au travers des monuments, de la toponymie, des stèles commémoratives qu'on connaît les différents héros qui ont marqué les grands moments de notre histoire. Or, on constate que les femmes y sont très peu présentes, malgré différentes initiatives qui commencent à se mettre en place. »
Sur les traces de femmes qui ont marqué Liège
La visite débute devant la Cité Miroir, dont l’un des espaces porte le nom de Lucie Dejardin, résistante et première femme élue députée au Parlement en 1929. Le parcours se poursuit ensuite vers l’abbaye des Bénédictines.
« Nous sommes devant l'abbaye des Bénédictines. Derrière nous, il y a l'église dédiée à la Paix Notre Dame, et cette église ainsi que l'ancien monastère ont été réalisés d'après les plans d’Aldegonde Desmoulins, une ancienne moniale au XVIIᵉ siècle, qui est très certainement la première femme architecte ici à Liège, et cela est attesté grâce à une notice nécrologique qui a été rédigée par une des moniales. »
Jennifer David rappelle aussi que les monastères ont longtemps été des lieux de refuge pour les femmes.
« Les monastères ont constitué entre environ 1450 et 1550 des lieux de sécurité pour les femmes au moment où elles sont systématiquement ciblées comme boucs émissaires, donc jugées en tant que sorcières et persécutées en tant que telles. »
Un peu plus loin, la statue de Charlemagne attire aussi l’attention. Elle représente six membres de sa famille, dont deux femmes.
« L’idée à travers la statue de Charlemagne, c'est surtout de valoriser les femmes de sa famille. Il y en a deux ici qui sont représentées. Il y a sa mère, Berthe, et puis il y a son arrière-arrière-grand-mère Begue. Donc ce sont deux femmes qui sont intéressantes à valoriser parce qu'elles ont contribué au rayonnement culturel. D'abord en collectant des livres qui étaient encore très rares à l'époque. Et puis la figure de Berte, elle rappelle qu'il y a aussi des femmes qui ont exercé le pouvoir. »
La balade dure deux heures trente et explore une petite dizaine de lieux, principalement autour du boulevard d’Avroy. Elle se fait sur demande de particuliers ou d’écoles et est régulièrement proposée à l’agenda de la Cité Miroir.
Une manière de redonner leur place à ces femmes dans l’histoire… et dans les rues de Liège.
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