À Fléron, les élèves de 5e et 6e Technique de Transition du Centre Scolaire Sainte-Julienne ont réalisé une exposition sur le thème de la migration. Le temps d'une journée, ils la faisaient découvrir à une classe d'une école primaire de Soumagne.
Pour réaliser cette exposition, chaque élève de 6e TTS a été recueillir un témoignage d’une personne immigrée afin de pouvoir raconter son histoire au travers d’une image et d’un texte. Un travail qui tenait particulièrement à coeur à Tissia, petite-fille d'une immigrée congolaise. "Avant cette exposition, je n'avais pas pu forcément poser ces questions à ma grand-mère, alors que je savais que c'était une migrante", confie-t-elle. "Ma grand-mère m’a donné les larmes aux yeux quand elle m’a raconté son histoire. Je suis contente, parce que je montre qu'elle est forte, qu'elle est courageuse. Elle a vécu beaucoup de choses difficiles. C'est vraiment un parcours de combattant, comme elle le dit dans son interview. Et pourtant, elle est restée forte. Et aujourd’hui, bien qu'elle soit pensionnée, elle vit bien. Elle a toujours son propre business de traiteur, elle est heureuse. Et moi, je suis contente de partager son histoire aux autres".
Déconstruire les idées reçues
Le but de cette exposition, qui s’insère de manière plus globale dans l’expo photo d’Amnesty International « #jesuismigrant.e », est de déconstruire certains clichés autour de ce thème, comme le détaille Florence Mixhel, professeure d'expression orale qui encadre l'exposition. "On a des élèves qui sont issus de l'immigration. On en a d'ailleurs qui ont même été choisis en tant que témoins. Ce sont des personnes qui ont vécu des tragédies et on avait vraiment envie de montrer qu'au niveau psychologique, cela a des répercussions. Au niveau des droits aussi, c'est très difficile d'avoir des papiers. C'est plus que des chiffres qu'on peut entendre à la radio, c'est vraiment concret et c'est ça qu'on voulait montrer".
Cette exposition a accueilli ce matin les élèves de primaire de l’école Saint-Joseph de Soumagne, qui ont pu voir les photos et entendre les récits racontés par les élèves de Sainte-Julienne. Un échange marquant. "J'ai appris des choses et ça me fait de la peine de voir tous ces gens qui migrent. Cela nous fait aussi réfléchir sur le fait que ce n’est pas forcément une nationalité qui définit une personne", explique Livia. Sa copine de classe, Louise, ajoute : "cela me fait de la peine de voir qu'il y a des gens qui disent que les migrants sont méchants. Ils sont peut-être très gentils, mais on ne les connaît simplement pas. On pourrait peut-être les aider".
Les élèves de primaire ont ensuite terminé par une mise en situation, incarnant des personnes migrantes via des jeux de société élaborés par les élèves de 5e TTS du Centre Scolaire Sainte-Julienne.