Le gouvernement fédéral et Engie ont annoncé jeudi la signature d'une lettre d'intention fixant le "cadre de négociations exclusives concernant l'acquisition potentielle par l'État belge de l'intégralité des activités nucléaires d'Engie".
Les parties négocieront en vue de conclure, d'ici au 1er octobre 2026, un protocole d'accord précisant les principales modalités et conditions de la transaction. Celle-ci porte sur l'ensemble des activités nucléaires actuellement détenues et exploitées par Engie en Belgique, incluant l'ensemble du parc nucléaire, composé de sept réacteurs à Doel et à Tihange, le personnel concerné, toutes les filiales nucléaires, ainsi que tous les actifs et passifs associés, y compris les obligations de démantèlement et de déclassement.
En attendant, toutes les activités de démantèlement des centrales sont immédiatement suspendues.
Cette initiative "reflète la décision stratégique du gouvernement belge d'assumer la propriété directe des actifs nucléaires du pays", avec pour ambition de prolonger l'exploitation des réacteurs existants et de développer de nouvelles capacités, détaille le communiqué commun du gouvernement et d’Engie.
"Moins d'un an après l'entrée en vigueur de la loi ouvrant la voie au retour du nucléaire dans notre pays, la dynamique se concrétise à travers notre volonté de reprendre la main sur nos actifs et nos capacités", a souligné sur les réseaux sociaux le ministre fédéral de l'Énergie, Mathieu Bihet (MR). "
Sous la précédente législature, après de longues et difficiles négociations, le gouvernement De Croo avait conclu un accord pour prolonger de dix ans, jusqu'en 2035, les réacteurs de Doel 4 et Tihange 3. Le gouvernement Arizona a pour sa part toujours indiqué vouloir maintenir ces deux réacteurs en activité plus longtemps, tout en envisageant la relance d'autres unités. Le groupe énergétique français s'y est toujours opposé, considérant le nucléaire comme un chapitre clos.
Les autorités hutoises se disent favorables à une nationalisation du nucléaire belge, a indiqué jeudi le bourgmestre Christophe Collignon (PS) à l'agence Belga.
"L'énergie est un bien primaire pour les citoyens comme pour les entreprises. Permettre à l'État d'avoir la maîtrise de sa production et de sa régulation illustre une politique sociale-démocrate et keynésienne que je ne peux qu'applaudir", commente le bourgmestre de Huy.
Les autorités hutoises disent prendre acte de la mise sur pause du démantèlement sur le site de Tihange.
"Il importe que l'intérêt des travailleurs soit pris en compte. Et je suppose que l'État est suffisamment mature pour pouvoir équilibrer les charges des assainissements futurs", conclut Christophe Collignon.