Nos forêts s'adaptent aux changements climatiques. En Wallonie, c’est le Département de la Nature et des Forêts, le DNF, qui gère le patrimoine naturel et forestier. Des mesures d'adaptation au climat ont déjà été prises, d'autres sont en cours.
Dans la forêt communale d’Esneux, dans le massif du bois Manant, nous entrons dans un espace occupé majoritairement par de grands hêtres de près de 80 ans. L'endroit est appelé à évoluer pour s'adapter au réchauffement climatique.
"Le hêtre est une essence qui ne supporte le stress lié à la chaleur et le manque d'eau", explique Catherine Barvaux, responsable de cantonnement au DNF -Liège. Les agents forestiers agissent ici au fur et à mesure des coupes. Celles-ci apportent de la lumière au sol, et vont permettre de planter de nouvelles essences, comme du châtaignier, du chêne, du tilleul, qui supportent mieux le manque d'eau et les chaleurs.
La promenade dans les bois se poursuit, jusqu'à une plantation de jeunes chênes. "Ils sont venus remplacer une monoculture d'épicéas, des arbres qui ne sont plus adaptés à la région et aux sécheresses", annonce Catherine Delvaux, qui ajoute que des arbres d'autres essences sont également présents. "On va laisser se développer d'autres espèces, comme le pin sylvestre, comme du châtaignier, comme du sorbier, adaptées au réchauffement climatique". L'idée est d'avoir un maximum d'espèces différentes, qui permettront de réagir en cas de problème sanitaire. Si une espèce qui devait connaître un problème, d'autres espèces pourront prendre le relais.
Au delà de ces arrivées "naturelles", le DNF va intégrer des espèces originaires de la région méditerranéenne, en s'assurant qu'elles sont adaptées à l'endroit où elles seront plantées, et qu'elles le seront encore lorsqu'il fera plus chaud ou plus sec. C'est ce qu'on appelle la “migration assistée des arbres”.
Les forestiers attirent l'attention de la population qui fréquente les bois de la région sur les risques de feux de forêt, lors d'épisodes prolongés de sécheresse. "Il faut être de plus en plus vigilant, surtout dans les prochaines semaines, pour éviter que des comportements posent problème, comme allumer des feux, ou fumer en forêt. Cela peut être dangereux", avertit Catherine Barvaux.
Ainsi,au fil des années et des adpatations, nos forêts changent.
Les grandes étendues d'épicéas sont appelées à disparaître pour laisser place à des mélanges de résineux et de feuillus.
Les forestiers plantent des essences adaptées aux climats chauds et secs.
Les forêts, comme celles que nous avons pu connaître jusqu'ici, vont progressivement laisser place à des forêts différentes, mieux adaptées aux changements climatiques.