Ce week-end, les églises ouvrent leurs portes, une initiative qui permet de redécouvrir un patrimoine méconnu. Cette année, le thème choisi était "Divinement drôle", avec des visites placées sous le signe de l’humour et des anecdotes insolites.
À l'occasion de la 19e édition des Journées Églises Ouvertes, les édifices religieux de Belgique ont accueilli les visiteurs les 6 et 7 juin autour du thème « Divinement drôle ». Une invitation à découvrir le patrimoine sous un angle insolite, entre anecdotes, trésors cachés et histoires méconnues.
Des fresques du XVIe siècle redécouvertes sous le plâtre
Premier arrêt à l'église Sainte-Catherine de Forêt, où des objets insolites avaient été disséminés dans l'édifice pour attirer le regard des visiteurs. L'occasion surtout de mettre en valeur l'un des joyaux du lieu : ses peintures murales à la détrempe datant du XVIe siècle.
Une découverte qui doit beaucoup au hasard. « Le clocher avait été dynamité en 1940 pour ne pas servir de repère à l'armée allemande. En 1944, un petit gamin du village a retrouvé des dessins sous le plâtre qui tombait », raconte Anne-Marie Meulders-Nicolas, présidente de la fabrique d'église Sainte-Catherine.
Alertés, le curé et l'Université de Liège se sont intéressés à ces vestiges. « C'est seulement dans les années 60 qu'on les a remises à nu. L'université a cherché partout. Ce qu'on voit maintenant, c'est vraiment tout ce qu'on a retrouvé », poursuit-elle.
Ces peintures racontent principalement le martyre de Sainte-Barbe, une sainte particulièrement vénérée dans la région. « Elle était la protectrice de beaucoup de gens de métier puisqu'on y travaillait le métal, entre autres », précise encore Anne-Marie Meulders-Nicolas.
Autre curiosité à découvrir sur place : des dents de mammouth et plusieurs vestiges préhistoriques découverts à proximité de l'église, dans la grotte Walou.
Une histoire de kidnapping à Beaufays
À Beaufays, l'église baroque et son caractéristique clocher à trois bulbes ont choisi d'aborder le thème de l'humour à travers une série de panneaux illustrés.
L'occasion pour les bénévoles de replonger dans l'histoire mouvementée du monastère fondé en 1123. « De 1123 à la Révolution française, il y avait des prieurs de Saint-Augustin et il y a eu pas mal d'histoires et de conflits », explique Lydwine Lamarche, bénévole.
Parmi les anecdotes retenues figure celle d'un prieur dont les armoiries sont toujours visibles dans l'église. « Il a été kidnappé. On a réussi à le sauver. Puis les kidnappeurs ont été guillotinés à Liège », raconte-t-elle avec amusement, avant d'ajouter : « Ça n'a rien de rigolo, mais... »
À Awirs, les animaux racontent le Moyen Âge
Dernière étape à l'église Saint-Étienne des Awirs. Cet édifice néoclassique dominé par une tour romane proposait aux visiteurs un quiz consacré aux nombreux animaux représentés dans sa décoration.
Une manière ludique de découvrir le bestiaire médiéval et sa symbolique. « Les interprétations, surtout au Moyen Âge, consistaient à donner une image très proche à la population illettrée », explique Iwona Musial, secrétaire du conseil de fabrique d'église des Awirs.
Les animaux servaient ainsi de support pédagogique pour transmettre des valeurs ou des enseignements religieux. « Le bœuf, l'âne représentent l'obéissance, le travail », illustre-t-elle.
À Forêt, Beaufays ou Awirs, ces journées portes ouvertes ont rappelé que les églises recèlent encore de nombreux secrets. Tout au long de l'été, elles continueront d'accueillir les visiteurs curieux de patrimoine, invités à lever les yeux et à écouter les histoires que ces lieux ont encore à raconter.