Dans le port de New York, Quentin Debois est prêt pour une nouvelle tentative de record du monde sur l'Atlantique, cette fois d'ouest en est avec son Mini 6,50. Détenteur du record de traversée dans l'autres sens, il sait que la partie sera compliquée.
Depuis le mercredi 5 août 2026, Quentin Debois est au port de Hudson Point Marina, à New York, pour entamer sa phase de stand-by sur la zone de départ de la tentative "retour". Son objectif : battre le record de traversée de l'Atlantique Nord, d'Ouest en Est, soit de New York au cap Lizard, en Angleterre.
Le record à battre est de 17 jours, 9 heures et 51 minutes, établi par Jay Thompson (USA) en 2023. Ce ne sera pas une partie de plaisir. La performance de l'actuel détenteur du record est de très haut niveau, et la traversée dans ce sens-là est bien plus technique que celle qui a vu le skipper de Marchin décrocher le record de traversée dans l'autres sens, en janvier dernier, entre Cadiz et Les Bahamas.
" Pour la traversée Cadix jusqu'aux Bahamas, ce qui permet d'aller de l'autre côté de l'océan, ce sont les alizés, des vents assez stables, assez puissants, qui poussent depuis les côtes africaines vers les côtes américaines. Donc là le jeu, c'est aller se caler dedans et puis rester dedans le plus longtemps possible et se faire pousser de l'autre côté " explique Quentin Debois."De New York jusque l'Angleterre, il n'y a pas de courant de vents dominants, on doit jouer avec les systèmes météo, les dépressions et les anticyclones... L'enjeu ici, ce sera d'aller me mettre justement dans la partie sud d'une dépression, là où il y a du vent qui pousse dans le bon sens pour que ce système m'emporte vers le milieu de l'Atlantique et puis après, ce sera d'essayer d'utiliser l'anticyclone des Açores et de me positionner dans son nord pour qu'il termine de me pousser vers l'Angleterre".
Une météo particulièrement volatile
La difficulté du moment tient à une très forte volatilité des prévisions météo, c'est-à-dire à des variations importantes d'un jour à l'autre, une instabilité inhabituelle des modèles, que même Basile, le routeur de Quentin, observe rarement à ce point.
Concrètement, pour une même date de départ, l'heure d'arrivée estimée en Angleterre peut varier de plusieurs dizaines d'heures d'un jour sur l'autre. Et donc l'équipe attendra pour déclencher le départ qu'un routage place l'arrivée en Angleterre avec au minimum 5 heures d'avance sur le record actuel. En deçà de cette marge, la fenêtre ne sera pas retenue, car la tentative s'annoncerait très serrée. A Cadiz, Quentin avait attendu ainsi un mois avant de s'élancer
Nous l'avons joint sur son bateau à New York, c'est à voir dans la vidéo annexée