Ce week-end c’était le retour d’une course de côte mythique à Engis : celle des 36 tournants. La compétition ne s’était plus tenue depuis 2013. Et cette nouvelle édition est un franc succès avec plus d'une centaine de voitures au départ.
Treize ans. C'est le temps qu'ont dû patienter les passionnés de sport automobile avant de revoir la course de côte des 36 tournants. Une attente enfin récompensée, pour le plus grand bonheur des pilotes présents au départ. "J'habite à quinze kilomètres d'ici et c'est un parcours que j'adore et l'organisation est top. La météo, tant que maintenant, est clémente donc c'est parfait", explique Anthony Milone, un participant. Arnaud Neven, qui démarre juste derrière lui ajoute : "C'est une course de côte qui est quand même un peu mythique. D'ailleurs ça se voit sur le plateau, on est complet donc c'est que tout le monde connaît bien et apprécie cette côte".
Mais sur ce tracé emblématique, la puissance de la voiture ne fait pas tout. Avec ses 36 virages et l'absence de copilote, la montée exige avant tout une parfaite connaissance du parcours et une concentration de chaque instant. "C'est le cerveau qui joue aujourd'hui parce qu'il faut connaître. Et il y a beaucoup de tournants, 36 évidemment, mais tous se ressemblent un peu sur le dessus. Donc c'est un petit peu le secret je pense de la vitesse aujourd'hui", raconte Anthony. "Pour bien faire travailler les vidéos à l'avance et essayer de passer une fois ou deux dans la côte la semaine qui précède pour dire de se la remémorer. Mais malgré tout, quand on arrive dessus à haute vitesse, on est complètement perdu. Ce n'est pas du tout la même chose et donc on doit refaire nos repères, etc.", fait savoir Arnaud.
Pour permettre aux concurrents de se familiariser avec les lieux, la route est restée fermée à la circulation durant tout le week-end. Un choix assumé par les organisateurs afin de favoriser les reconnaissances du tracé. "C'est un peu pour ça qu'on a fait des essais hier non chronométrés pour que les gens se la remettent en tête avant d'envoyer les gens au casse pipe contre le chrono. Je pense que la formule a bien plu", fait remarquer Cédric Pirotte, le directeur de course et organisateur.
Parmi les participants, certains n'étaient pas en terrain inconnu. C'est le cas de Damien, engagé au volant de sa spectaculaire Formule 3000. Déjà présent à trois reprises par le passé, il retrouvait une montée qu'il connaît bien, 22 ans après sa dernière participation. "Ce que j'aime, ce sont les virages masqués, c'est oser rentrer dans un virage sans voir la sortie, en ayant la confiance de l'auto. Mais le principal, c'est de ramener le soir l'auto en entier et être capable d'aller travailler le lendemain", raconte le pilote Damien Randolet.
Le retour de la compétition a notamment été rendu possible grâce à la rénovation de la route. Son ancien revêtement ne permettait plus d'accueillir l'épreuve dans de bonnes conditions. Refaite en 2024, elle offre désormais un terrain idéal pour les compétiteurs. "En course de côte, il faut vraiment un revêtement très plat, notamment pour les Formule qui ont un fond plat. Là c’est vraiment nickel comme c’est là, avant c'était trop compliqué", dit Cédric Pirotte.
Pour les organisateurs, cette relance n'est qu'une première étape. L'objectif est désormais de pérenniser l'événement et de le faire grandir, avec l'ambition d'intégrer à terme des championnats nationaux, voire internationaux.