Antoine Senard est belge de naissance (Esneux), mais c’est avec la France qu’il évolue sur la scène athlétique internationale. Aujourd’hui, Antoine vit, s’entraîne à Liège et il a signé, cet hiver, une performance très marquante dans les labourés.
C’est en bordure de l’Ourthe qu’il nous a donné rendez-vous. Antoine s’entraîne du côté d’Esneux, où il a grandi, et vit à Tilff. Titulaire de la double nationalité belge et française, Antoine Senard a choisi de porter les couleurs blanc, bleu et rouge lors des compétitions internationales. « La France mettait en place des choses dés les jeunes catégories, ce que la Belgique ne faisait pas. Il y avait un état d’esprit, une façon de voir le haut niveau qui me plaisait. Il y a aussi énormément de densité en France qui nous pousse à courir d’autant plus vite, à donner d’autant plus de notre personne pour pouvoir prétendre à des grands championnats », confie-t-il.
En janvier dernier, en Floride, l’Esneutois a réalisé l’un de ses plus belsaccomplissements de sa carrière d’athlète. Il est devenu vice-champion du monde de cross-country en relais mixte avec l’équipe de France. Prester à un tel niveau sur la scène mondiale, c’est une première pour ce jeune homme. « Alors que le résultat était exceptionnel, on était un peu limite sur notre faim de par le scénario de course, à savoir que nous étions en concurrence directe pour l’or et pas seulement une médaille. Sur le moment, on est certes ravi, mais avec ce petit goût de trop peu, et puis on se rend compte que c’est déjà incroyable ». En 2023 et en 2024, Antoine avait également remporté l’or et l’argent européens avec la team française, toujours en relais mixte.
Antoine est un athlète spécialisé dans, ce qu’on appelle, dans le jargon athlétique, le demi-fond. « J’ai d’abord pratiqué plusieurs sports : du football, du handball, du tennis et du karaté. J’ai démarré l’athlétisme vers l’âge de 10 ans grâce à un éducateur sportif qui avait repéré que j’avais des aptitudes physiques pour les courses plus longues. Il a conseillé à mes parents de m’inscrire dans un club, et j’ai alors rejoint Seraing athlétisme ».
C’est durant l’adolescence qu’il axe ses séances d’entraînement vers le 800 mètres et le 1500 mètres l’été et le cross-country en hiver, et accorde à une plus grande place à la course à pied dans son rythme de vie, par amour du sport et par volonté de continuer à performer. Son diplôme de l’école secondaire en poche, il tente l’aventure américaine à Richmond dans le Kentucky, avant de rejoindre le pôle espoirs de Fontainebleau en France.
En 2022, l’athlète belgo-français revient déposer ses valises sur ses terres natales. « Je ressentais le besoin de revenir à mes racines et de me rapprocher de ma famille et de mes amis. J’avais eu écho qu’un groupe de haut niveau allait se monter sous la tutelle de Thomas Vandormael qui est un ami de longue date, et au sein de ce groupe, rejoindre aussi Ruben Querinjean, un partenaire d’entraînement de qualité et avec qui l’entente est super. Je suis bien entouré et aujourd’hui, j’ai trouvé un équilibre mental et physique », confie le protégé de Thomas Vandormael. Un passage chez le coach waremmien qui se révèle être un tournant dans la carrière d’athlète d’Antoine, puisqu’il abaisse son chrono de 5 secondes sur 1500 mètres pour porter son record personnel à 3’35 en 2025 et de 20 secondes sur 3.000 mètres et afficher aujourd’hui un record personnel à 7’40.
En 2025, il était invaincu en cross-country en Belgique et en France, clôturant même la saison hivernale 2024-2025 avec le titre prestigieux de champion de France en cross-court après avoir conquis l’or belge également en cross court. Le cross-court qui est une épreuve collant très bien à ses aptitudes physiques de demi-fondeur.
Aujourd’hui, le quotidien d’Antoine est de jongler entre deux entraînements par jour et un travail à mi-temps dans l’informatique. « J’ai un employeur très conciliant dans ma pratique qui me permet de pouvoir m’entraîner comme un athlète de très haut niveau et partir en stage pour préparer les grandes échéances », précise-t-il, et alors que le chapitre hivernal vient de se refermer, Antoine a la saison d’été et les Championnats d’Europe en plein air en point de mire. « J’aimerais réaliser 3’33 sur 1500 mètres, et évidemment me qualifier pour l’Euro de Birmingham. Je n’ai encore jamais été sélectionné pour un grand championnat estival sur piste ». Pour ajouter cette ligne manquante à son beau palmarès, ce jeune homme âgé de 26 ans devra terminer dans le top 3 lors des championnats de France cet été et réaliser les minimas sur 1500 mètres imposés par la Fédération.
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