Nos stations d'épuration ont un problème: les lingettes à usage unique. Le fait de pouvoir les jeter dans les toilettes est devenu un argument de vente pour de nombreuses marques mais l'AIDE alerte: les conséquences sont désastreuses.
Certaines lingettes à usage unique sont biodégradables, mais pas assez rapidement que pour ne pas poser problème. Les différentes annotations sur les emballages sont trompeuses. Il faut en réalité plusieurs mois ou une année pour qu'une lingette se décompose, contre quelques minutes pour le papier toilette.
Pour mieux comprendre la problématique, il faut aller dans une des 77 stations d'épuration de l'Association Intercommunale pour le Démergement et l'Épuration des communes de la province de Liège. Par exemple, celle de Liège Sclessin qui traite l'eau d'un équivalent de 150 000 habitants. "Dans nos gestes quotidiens, on prend une douche, on ouvre un évier, on fait fonctionner une machine à laver, on tire les chasses des toilettes... Et puis, on ne se soucie pas de ce qui se passe après. Et en fait, ce qui se passe après, c'est vraiment dans la station d'épuration que ça se passe. On va épurer cette eau pour ne pas apporter un afflux de pollution aux cours d'eau et contribuer au bon état des masses d'eau", explique l'adjointe à la direction exploitation de l'AIDE, Delphine Eloy.
Certaines lingettes sont captées mais d'autres passent
Dès que les eaux des égouts arrivent ici, certaines lingettes sont captées avec d'autres déchets par les dégrilleurs. "Tout ce qui est au-dessus de 25 mm, ils vont les capter. Ils ont une profondeur de 12 mètres ici. Quand ils descendent, ils se referment et ils remontent automatiquement toutes les crasses qu'on récupère", détaille le contremaître exploitant de cette station, Stéphane Remacle. Tous les mois, un conteneur de 13 mètres cubes est rempli de déchets dans cette seule exploitation.
Des bouchons de lingettes à usage unique tous les jours
Des lingettes arrivent malgré cela à bloquer ces dégrilleurs ou même à se faufiler à travers. "On les retrouve par moment dans nos pompes. Elles s'amassent et les bloquent. Et là, c'est une maintenance qui est assez importante parce qu'il faut sortir la pompe. La plus petite fait 1,5 tonne, la plus grosse 5 tonnes. Ça prend une journée à 2 hommes quoi. On est déjà tombé une fois avec 3 pompes à l'arrêt à cause des lingettes, ce qui pourrait être problématique", s'attriste le contremaître.
Ce problème se présente une fois par jour sur l’ensemble des 77 stations de l’AIDE. Ces blocages peuvent entraîner un déversement de l’eau dans nos rivières sans traitement. Pour éviter cela, il faut donc jeter nos lingettes à la poubelle même si elles sont biodégradables.