Pour les associations liégeoises, la rentrée ne se fait pas tout à fait dans la sérénité. À l’occasion des 34ᵉ Retrouvailles, près de 300 asbl viennent présenter leurs activités. Derrière l’ambiance festive, les inquiétudes sont bien présentes.
C’est le moment des retrouvailles pour les associations liégeoises. Comme chaque année, le rendez-vous incontournable de la rentrée prend place au parc de la Boverie. Pour cette 34ᵉ édition, quelque 300 associations viennent présenter leurs activités et inviter les Liégeois et Liégeoises à s’engager dans les domaines social, sportif ou culturel.
« C’est la 34ᵉ année que nous organisons cet événement au cœur de Liège, sur la planète des loisirs », explique Pierre Luthers, président de l’ASBL Enjeu et coorganisateur des Retrouvailles. « Le parc de la Boverie est une île coincée entre la Meuse et la dérivation de l’Ourthe, pour accueillir 300 associations qui viennent un peu recruter des membres et inviter tous les passants à s’engager de manière sociale, sportive, culturelle pour leur temps libre de l’année. »
Mais cette année, la rentrée est un peu moins joyeuse pour le monde associatif. Les inquiétudes montent alors que certains subsides diminuent ou disparaissent.
« On va retrouver du monde qui va soutenir les associations. Mais il ne faut pas le nier, elles vont discuter entre elles aussi des difficultés actuelles », estime Fabrice Dreze, échevin du Tourisme et du Commerce et parrain de l’événement. Il évoque notamment un possible « recentrage d’activités plutôt en lien avec leur agrément ». « On sent qu’il y a quand même une inquiétude, il ne faut pas le nier. »
Derrière ces inquiétudes, les réalités sont concrètes. Pour continuer leurs activités, les associations doivent trouver de nouvelles sources de financement, revoir leurs projets ou parfois faire plus avec moins.
« On a une baisse significative dans les subsides qui sont encore existants. Et on a une baisse au niveau des dons parce que les gens se serrent la ceinture », témoigne Christine Chabottaux, assistante de direction et comptable pour les Resto du Cœur de Liège. « Donc on cherche des bénévoles et on cherche des dons. »
Pour l’association, la rentrée s’annonce donc particulièrement exigeante. « C’est une rentrée sur laquelle on va devoir travailler sur tout, en même temps : être, je vais dire, sur la route, aller toquer à la porte et trouver des subsides ou des financements peut-être qui sortent de ce qu’on a l’habitude d’avoir. »
Aux Restos du Cœur, la pression est d’autant plus forte que les demandes d’aide augmentent. Malgré les contraintes financières, l’association doit continuer à assurer ses missions.
Même constat du côté des centres culturels liégeois, qui doivent eux aussi composer avec des budgets plus serrés tout en maintenant une offre accessible au public.
« Tout le monde est au courant que la situation du monde associatif, du monde culturel en général, du monde de l’enseignement, etc., est en grosses difficultés », constate Christophe Loyen, représentant des centres culturels liégeois. « Les orientations que le gouvernement a prises ces derniers temps ne nous ménagent pas. »
Face à cette situation, le secteur doit chercher de nouvelles solutions. « On doit faire preuve de créativité, trouver des solutions pour pouvoir maintenir un volume d’activité, une qualité d’intervention. Ce n’est pas toujours facile. »
La question a également été posée à plusieurs autres ASBL, de toutes tailles. Beaucoup témoignent, en coulisses, de difficultés financières grandissantes. Mais toutes ne souhaitent pas les évoquer face caméra.
À l’heure de la rentrée associative, les Retrouvailles mettent ainsi en lumière un secteur qui reste essentiel à la vie liégeoise, mais qui doit désormais composer avec des moyens toujours plus limités.