Suite à l'enquête close le 21 janvier, la Ville de Liège a demandé le classement de la Chartreuse comme SAR, a confirmé l'échevin de l'Urbanisme, Gilles Foret, au conseil communal de ce lundi.
L'avenir du site de la Chartreuse fait débat depuis plusieurs mois. Un Collectif de défense du site redoute l’apparition de logements, de parkings ou d’événements commerciaux bruyants qui dénatureraient la sérénité du lieu.
La Ville a manifesté son intention de demander la classement du site en SAR (site à réaménager). Une enquête publique a été réalisée et s'est terminée le 21 janvier. Elle a recueilli 500 courriers de réclamation.
Lundi soir au conseil communal de Liège, les conseillers Antonio Gomez Garcia (PTB) et Adrien Croonen (MR) ont questionné l’échevin en charge de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, des espaces verts et de la propreté sur l’avenir du site. Ils l'ont interrogé sur le projet envisagé, mais aussi sur la manière dont la ville entend protéger le site de toute pression immobilière privée.
Selon Gilles Forest, la Chartreuse représente des risques : bâtiments dégradés, accès non sécurisés, mais aussi responsabilité publique engagée. C’est la raison pour laquelle la Ville a sollicité la Région wallonne pour que la partie centrale du fort soit reconnue comme SAR. « Le SAR est un outil juridique, comme l’explique le premier échevin. Ce n’est ni un permis, ni une programmation immobilière déguisée. Il ne dessine aucun projet futur. Il ne préjuge d’aucun usage. » Ce statut permet d’imposer la sécurisation et la restauration du site par le propriétaire. Et en cas de carence, de permettre à l’autorité publique d’intervenir, de récupérer les couts, voire d’exproprier.
Il permet aussi l’accès à des financements régionaux, ce qui est crucial, au vu de l’ampleur des investissements nécessaires pour restaurer les bâtiments, les murailles et les infrastructures du fort. Gilles Forest insiste également sur un autre point : « le SAR est un rempart contre la spéculation immobilière. Toute vente ou création de droits réels est soumise à autorisation ministérielle. La Ville peut activer son droit de préemption, la maitrise foncière publique est renforcée. C’est exactement l’inverse d’un abandon aux intérêts privés. »
Il tient aussi à insister sur ce qu’un SAR ne fait pas. « Il ne modifie pas l’affectation urbanistique, il n’autorise aucun projet immobilier, il n’assouplit aucune règle environnementale ou patrimoniale et il ne permet aucune atteinte à la biodiversité. »
Pour l’heure, il faudra attendre la décision de la Région wallonne, qui est la seule à pouvoir se prononcer sur la reconnaissance éventuelle sur site comme SAR. Une décision qui ne rassure pas le Collectif qui craint que cette reconnaissance soit la porte ouverte à une urbanisation future.