Frabrice Dreze, échevin du tourisme de Liège veut davantage encadrer les Airbnb. Des réunions de travail sont déjà programmées, a-t-il déclaré au conseil communal du 26 janvier, en réponse à la conseillère Duygu Celik.
Les Airbnb à Liège, c’est une bonne chose pour ramener des touristes dans la ville et des consommateurs pour l’Horeca. Cela peut aussi constituer un revenu intéressant pour les propriétaires, en partie liégeois. Mais ils ont aussi des impacts négatifs : concurrence pour le secteur hôtelier, nuisances et incivilités, problèmes d’insalubrité, ainsi que pressions sur le marché du logement, avec de moins en moins de logements disponibles pour les habitants, et une tendance à la hausse des loyers et du prix de l’immobilier. C’est pour toutes ces raisons que la conseillère communale Duygu Celik (PS) a interpellé l’échevin de l’attractivité commerciale et touristique, lors du conseil communal du 26 janvier. Elle demande une maitrise du développement de ces logements, dans l’intérêt des Liégeois et des Liégeoises.
Fabrice Dreze lui a répondu avoir la même vision de la problématique. Il veut lui aussi encadrer le développement des Airbnb pour qu’ils contribuent positivement au développement de Liège. Il évoque un encadrement proportionné permettant de maintenir l’apport économique du tourisme, tout en garantissant une cohésion urbaine.
Pour le moment, c’est la règlementation wallonne qui est en vigueur à Liège. Elle liste un certain nombre de points : enregistrement obligatoire à toute commercialisation, obtention d’un permis d’urbanisme en cas de changement de destination ou de création d’un hébergement dans un bâtiment initialement affecté au logement, mais aussi le respect de normes de sécurité strictes en matière d’incendie et de salubrité, ou encore l’exigence d’un casier judiciaire vierge et l’affichage d’un numéro d’enregistrement sur les plateformes. Fabrice Dreze, l’échevin en charge du tourisme, ajoute que « la Ville complète ce dispositif par l’obligation d’un permis de location pour certains types de logements, un contrôle renforcé de la conformité urbanistique et une attention particulière portée aux quartiers identifiés comme sous tensions, notamment le centre-ville et Outremeuse. »
Malgré ce cadre, il y a une difficulté, comparable à celle des kots : un manque de données concernant les hébergements antérieurs à la réforme de 2023, qui passent sous les radars. D’après la plateforme Airbnb, il y a un peu plus de 500 logements sur le territoire communal. Pourtant, depuis la réforme de 2023, seuls 19 permis d’urbanisme pour du logement touristique ont été introduits. « Cependant, il est indispensable de disposer d’une vision claire, objectivée, fondée sur un travail de recoupement des données entre les différents services et niveaux de pouvoirs », ajoute Fabrice Dreze. C’est la raison pour laquelle le dossier est pour le moment à l’instruction et que des réunions de travail sont programmées.
« Une fois ce travail mené, le collège se positionnera sur la mise en place de mesures spécifiques d’encadrement. La question sur l’équité fiscale entre le secteur hôtelier et les propriétaires fournissant ce type de locations fera pleinement partie de la réflexion. Le collège entend mener une réflexion proportionnelle d’encadrement sur ce phénomène existant », conclut l’échevin en charge de l’attractivité commerciale et touristique.