Un jeu de rôle, où l'on devient eurodéputé, chef de groupe ou journaliste… À l’Université de Liège, des étudiants participent à une simulation du Parlement européen pour mieux comprendre les coulisses de la politique européenne.
Le temps d’un week-end, l’amphithéâtre Kurth de l’Université de Liège s’est transformé en véritable Parlement européen. Organisée par le Cercle Specque ULiège, cette simulation grandeur nature a rassemblé une cinquantaine d’étudiants venus incarner les rouages de la démocratie européenne.
« La Specque, c’est la simulation du Parlement européen. C’est la plus grande simulation francophone, qui se déroule chaque été, une fois au Canada, une fois en Europe », explique Evelina Talebzadekh, présidente parlementaire de cette mini-session. « Cette année, nous partirons à Montréal. Et ici, c’est la deuxième édition de cette mini-simulation, que nous avons étendue à deux jours. »
Durant l’événement, les participants se glissent dans différents rôles : eurodéputés, chefs de groupes politiques, journalistes ou encore membres de la présidence. Le tout dans un cadre à la fois académique et convivial.
Débattre comme au Parlement européen
Le thème choisi pour cette édition porte sur l’harmonisation des politiques d’accueil et d’intégration des populations roms et gens du voyage dans l’Union européenne. Un sujet complexe, qui pousse les étudiants à débattre, négocier et voter, comme le feraient de véritables eurodéputés à Bruxelles ou à Strasbourg.
Certains participants jouent également le rôle de journalistes. C’est le cas de Doris Löfgen, responsable de l’équipe média :
« Je vais encadrer trois journalistes qui doivent rédiger des articles. Je les coache sur l’écriture, les thèmes… Et en parallèle, je réalise aussi un reportage vidéo sur les débats et tout ce qui se passe. »
À la tête des discussions, Evelina Talebzadekh veille au bon déroulement des échanges :
« Mon rôle est de gérer les débats dans un cadre très réglementé, avec le dépôt et le tri des amendements. Tout passe par moi et mon co-président. »
Au-delà de l’expérience immersive, la simulation permet aux étudiants de développer des compétences concrètes, notamment en prise de parole et en négociation.
« Je suis étudiant en sciences politiques, donc la vie démocratique me tient à cœur », confie Ismael El Kalay. « Participer à ce genre de simulation, c’est allier l’utile à l’agréable : apprendre, tout en travaillant ses compétences rhétoriques. »
Un engagement qui tord le cou à certaines idées reçues sur la jeunesse, comme le souligne Doris Löfgen :
« On pense souvent que les jeunes ne s’intéressent pas à la politique, mais ici ils ont déjà travaillé en amont. Ils sont investis, que ce soit au niveau européen ou belge. »
Initialement organisée sur une demi-journée, la simulation prend cette année de l’ampleur avec deux jours complets d’activités. Un format qui permet d’aller plus loin dans les débats et les négociations.
Au-delà de l’exercice académique, l’objectif est clair : rendre les institutions européennes plus concrètes et accessibles pour les étudiants.
Une immersion politique grandeur nature, pour apprendre autrement et donner vie à l’Europe.