L’IA remet en question l’utilité de métiers et d’études. C’est le cas par exemple des traducteurs et des interprètes qui sont remplacés par l’IA dans certaines entreprises.
33 inscrits en BAC 1 en 2025 contre 69 en 2024, la filière traduction et interprétation de l'ULiège subit les progrès de l'intelligence artificielle. Face à cela, les professeurs s'adaptent.
"L'intelligence artificielle, nous l'utilisons quotidiennement dans nos cours et nous avons des cours qui sont consacrés en effet à la connaissance des outils, mais également à tous les enjeux qu'ils impliquent qu'ils soient politiques, cognitifs, environnementaux ou au niveau de la formation, puisque nous devons nous adapter à la démocratisation de ces outils et nous devons pouvoir les utiliser et nos étudiants doivent pouvoir les utiliser", détaille la professeure Valérie Bada, responsable de la filière.
Les traducteurs humains encore nécessaires ?
En parallèle, les professeurs mettent l'accent sur ce qu'un humain peut faire en plus qu'une IA en matière de traduction, que ce soit pour traduire des documents confidentiels, des œuvres littéraires ou des documents judiciaires, les humains restent absolument nécessaires.
"J'ai été assistante juridique dans un cabinet d'avocats et j'ai même été prof d'anglais et néerlandais en entreprise, donc je n'ai eu aucun problème à trouver du travail. Je pense que les traducteurs et interprètes seront toujours appelés dans des secteurs où on a besoin de la connaissance de la langue et de la connaissance de la culture", rassure Delphien Coppin, une doctorante de la filière.
Une filière aux débouchés diversifiés
Une étude réalisée au sein de la filière démontre que seuls 20 % des diplômés travaillaient réellement comme traducteurs ou interprètes.
"Les profils que nous formons sont des profils d'experts en deux langues étrangères et en français. Les cours de français ont une importance capitale, notamment en bachelier. Donc ce sont des experts en langues qui sont des experts également en relations interculturelles et donc qui ont véritablement un profil très, très intéressant pour le marché du travail dans quelque métier que ce soit", conclut la professeure Valérie Bada.
Des projets où l'excellence est demandée toujours financés
Concrètement, au sein du marché de l'emploi, les professeurs remarquent ceux et celles qui n'avaient pas les moyens de payer correctement un traducteur ou un interprète se sont dirigés vers l'IA. En parallèle, les organisations qui visent encore l'excellence constatent que l'IA n'est pas encore au niveau.
L'ULiège continue donc de soutenir cette filière qui a reçu un des 80 labels européens EMT qui atteste de l'excellence de leur master.