Le sous-traitant automobile allemand Schaeffler a annoncé mardi son intention de fermer un site en Belgique, à Herstal, et quatre en Allemagne. Au total, 3.460 emplois sont menacés en Europe. Le site de Herstal emploie une quinzaine de personnes.
Le groupe invoque "la crise de l'industrie automobile" en Europe pour justifier son vaste plan d'économies.
Une information détaillée concernant les plans prévus pour chaque site sera présentée lors de réunions du personnel au niveau local, annonce l'équipementier dans un communiqué. De plus, une douzaine de sites en Europe subiront des conséquences des mesures d'économies.
Schaeffler a assuré qu'"au moins une partie des suppressions d'emplois devrait être compensée par la création de postes dans de nouveaux secteurs de croissance".
Cette restructuration représente un coût unique de 480 millions d'euros pour l'équipementier allemand mais doit lui permettre d'économiser quelque 300 millions d'euros par an dès 2030.
L'équipementier fait également état d'une "contribution de solidarité" temporaire à travers "tous les niveaux hiérarchiques" du groupe qui vise à réduire les coûts ainsi que l'ampleur des pertes d'emplois. "Sans la contribution de solidarité, les suppressions d'emplois auraient été plus importantes", affirme l'entreprise.
D'après l'entreprise, ces annonces s'inscrivent dans le cadre d'une stratégie de "diversification" de ses activités.
Cité dans le communiqué, Jochen Schröder, membre du directoire chargé notamment de la production, a mentionné la "robotique humanoïde" et la "défense". Schaeffler a par exemple annoncé en octobre qu'il allait assembler des drones pour l'armée française.
Schaeffler occupe au total environ 110.000 personnes dans le monde.
"On ne ferme pas uniquement des machines, on détruit une compétence wallonne"
Pour la Setca Liège, le projet de fermeture de Schaeffler à Herstal illustre le manque d'anticipation pour préserver les savoir-faire industriels wallons, a déploré mardi auprès de Belga Vincent Napolitano, secrétaire permanent pour qui les difficultés de l'industrie automobile sont connues depuis longtemps et doivent conduire à réfléchir aux moyens de sauvegarder les compétences existantes. Il souligne la technicité et la précision des savoir-faire concernés, qui ne peuvent pas être facilement recréés. "On ne ferme pas uniquement des machines, on détruit une compétence wallonne", dénonce-t-il.