Après le colossal "Les XII travaux du rock", le journaliste et amateur de musique Gauthier Henri signe un livre qui retrace 60 ans d'histoire du rock en Cité ardente. Une fabuleuse histoire à découvrir au fil de récits, témoignages et photos
Jusque dans les années 60, grâce à de grands noms comme René Thomas, Bobby Jaspar et Jacques Pelzer, c'est surtout le jazz qui faisait la réputation de Liège. Ensuite, la Cité Ardente accueille une mouvance rock qui y trouvera un terreau fertile pour se développer.
Cela commence même un peu plus tôt, en 1957, avec le concert de Bill Haley and his Comets au Forum.
Fin des années 70, le foyer culturel de Chênée devient une salle mythique en recevant les Scorpions, Klaus Schulze, Talking Heads, Fisher-Z, Ange, et bien d'autres ... Un festival punk un peu trop débridé y marquera l'arrêt de ce type de rendez-vous pour quelques temps. Cela provoquera d'ailleurs la programmation du concert de Clash dans un ancien cinéma de Fléron.
Le livre de Gauthier Henri est fondé sur ses propres souvenirs et archives mais aussi la rencontre d'une trentaine de passionnés dont Alain Cado, bien connu pour avoir travaillé chez Cado Radio, Us Import et au café des Carmes. Il raconte de nombreuses anecdotes révélatrices de la vie de musicien. En 1970, Black Sabbath a joué à la salle philharmonique de Liège ce qui semble tout-à-fait improbable aujourd'hui. Après avoir fait salle comble et rencontré un vif succès, Ozzy Osbourne et ses comparses se sont rendus dans un restaurant italien où ils ont commandé des spaghetti mais seulement un plat pour deux personnes. En effet, en pleine ascension, le groupe avait acquis un important matériel qu'il fallait encore rembourser.
Le livre fait aussi la part belle aux Liégeois : Rapsat et ses premiers projets, Machiavel dont le chanteur Mario Guccio habitait dans la région liégeoise, Récréation, Danger, le batteur Rudy Lenners qui a joué avec les Scorpions, Now, Such a Noise les Scalpers, My Little Cheap Dictaphone, les Gauff, Bouldou ...
Deux personnages importants se voient consacrer chacun leur propre chapitre : Jacques Braipson, directeur des Jeunesses Musicales, qui a fait venir à Liège bon nombre de groupes anglais, dénichant les pépites émergentes comme Genesis et Marc Petesch alias Killer, un passionné de hard rock et de radio.
Impossible de passer à côté de l'Inside Festival, de la Chapelle, de la Luna, de la Zone et du Spirit of 66 même si celui-ci est clairement hors frontières liégeoises. Aujourd'hui, le rock à Liège passe par les nouvelles salles comme le Reflektor et l'OM, ainsi que par le Golden Age, un festival créé à Chênée par l'auteur de Liège On the Rock, la boucle est bouclée.
Paru chez Noir Dessin Productions le livre est illustré par de nombreuses photos d'époque et reproductions de tickets de concert.