A Huy se tenait ce dimanche un événement un peu particulier. Le hall omnisports André Malherbe y a accueilli une compétition internationale de roller derby, intitulée Mars At'track et organisée par l'équipe liégeoise des Holy Wheels.
Le roller derby est une discipline essentiellement féminine sur patins à roulette. Elle se pratique sur une piste ovale en équipes de cinq. Dans les rangs de chaque camp, on retrouve notamment une jameuse, reconnaissable à l'étoile sur son couvre casque.
Le rôle de cette dernière est primordial, elle a pour tâche de passer les joueuses adverses, des bloqueuses qui forment ce qu'on appelle un pack. Si elle y arrive, la jameuse a alors l'occasion d'effectuer des tours de piste pour marquer des points. L'une des tactiques consiste à passer son bonnet étoilé à une coéquipière pour passer les lignes adverses.
"Pour grossir le trait, il y a deux types de jaming, celles qui foncent et celles un peu plus agiles qui tentent de se faufiler dans les interstices, un peu comme des anguilles. Moi je suis plus du deuxième type", détaille Babettor, patineuse des Holy Wheels.
Les bloqueuses ont elles comme tâche d'empêcher la jameuse de passer. Pour y arriver, elles n'hésitent pas à aller au contact, tentent de former un mur en s'aidant de leurs corps et en se tenant la main. Le but : faire tomber la jameuse ou la faire sortir de la piste, pour l'obliger à remonter sur le terrain, une manière de l'épuiser, de la recycler, comme on dit dans le jargon.
"On a nos murs, que l'on met souvent en triangle. On se positionne à trois pour bloquer la jameus entre nous. Quand une jameuse est bloquée, pour l'aider, on peut essayer de lui frayer un chemin", explique Charlotte Wilkin, joueuse et coach.
Les deux formations s'affrontent de cette manière pendant deux mi-temps de trente minutes, elles-mêmes divisées en courtes manches de deux minutes dénommées jams. L'équipe qui a le plus de points au terme du temps imparti remporte la partie.
L'autre particularité de cette discipline, c'est son côté ludique et festif. Les participantes portent, par exemple, un pseudo qu'elles ont elles-mêmes choisi, des noms souvent déjantés et affichés sur les dos des maillots. Ici, pas question de se prendre au sérieux, tout le monde est là pour passer un super moment.
"Mon pseudo, ça fait très longtemps que je l'ai trouvé grâce à un jeu de mots un peu graveleux. Au départ, ça provenait de triple penne, pour les pâtes. Puis j'ai eu des enfants, je suis passé à la version kid's friendly et je suis devenue triple poney", raconte la Française Chloé Gasparini.
Dimanche, trois équipes étaient présentes lors de ce tournoi: une belge, une française et une allemande. Les Liégeoises ont affronté le matin les Gueuses de Pigalle, des patineuses françaises en provenance de Paris. Malmenée en première mi-temps, Babettor s'est un peu sentie comme une balle de flipper, elle a eu beaucoup de mal à passer la ligne de défense française.
L'équipe des Holy Wheels, huitième aux derniers mondiaux féminins, joue rarement en Belgique, faute de formations du même niveau. Elles sont souvent obligées de se déplacer à l'étranger. Leur prochaine rencontre, ce sera à Breda, aux Pays-Bas.
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