Ce samedi matin, une vingtaine de lecteurs et lectrices ont troqué les roses pour des livres autour d’un petit-déjeuner littéraire consacré à la romance et à l’érotisme. De la poésie à la bande dessinée, l’amour s’écrit de mille façons pour tous les publics.« Le but des rencontres, c’est d’inciter les gens à lire, de leur donner de nouvelles pistes de lecture et de les rendre curieux », explique Anne-Sophie Grard, bibliothécaire. Déconstruire les clichés autour de la romanceLa romance reste pourtant un genre souvent décrié.« Il y a pas mal d’a priori sur la littérature du genre en général et sur la romance en particulier, qui est quand même assez dénigrée par les “vrais lecteurs” qui détiendraient le bon corpus littéraire. C’est un genre qui est un peu méprisé de manière générale. L’idée aussi, c’est de pouvoir déconstruire ça et d’arrêter de catégoriser les lectrices de romance. Parce que comme on peut le voir avec ce petit déjeuner, elles ne lisent pas que ça et elles ont un regard aussi critique sur ce qu’elles lisent », souligne Constance Michallek, médiatrice culturelle.Certains participants sont venus avec leurs recommandations et leurs questions. La façon de représenter l’amour a évolué. Aujourd’hui, on parle de Dark Romance ou de New Romance, des sous-genres qui divisent autant qu’ils passionnent.Un club de lecture d’un jour qui n’a pas peur du débat. Ici, on questionne les clichés, les représentations et les évolutions du genre. Des échanges riches s’opèrent, avec pour langage commun l’amour de la lecture. Un dialogue intergénérationnel« C’était vraiment notre souhait de pouvoir donner la parole à des jeunes femmes qui, en général, parlent de romans entre elles ou en parlent sur les réseaux. Et ici, elles ont la possibilité et le défi d’en parler devant un public de personnes plus âgées qui n’a pas la même lecture qu’elles. Elles avaient peur que ce public soit jugeant ou soit un peu dénigrant par rapport au genre de la romance », poursuit Constance Michallek. « Et donc c’est hyper intéressant. Je leur ai vraiment proposé de faire corps. On s’assume, on lit de la romance, on en parle, on n’est pas gênées. »Du côté des participantes, la curiosité était bien au rendez-vous.« J’avais envie d’en savoir un peu plus et c’est vrai qu’il y a plein d’a priori sur ce genre de littérature et j’avais envie de pouvoir me faire mon opinion. J’ai déjà participé à d’autres activités de la bibliothèque. Et c’est ça qui est chouette aussi d’entendre, c’est toujours plus gai aussi d’apprendre par les autres », confie Marie France, participante. Une exposition à découvrirEn parallèle, une exposition consacrée à l’histoire du roman d’amour, réalisée par la Bibliothèque des littératures d’aventures, est à découvrir à la bibliothèque Pierre Perret à Waremme. Cette expo, ainsi que les nombreux ouvrages référencés, sont aussi visibles en ligne.Entre café chaud et débats passionnés, la Saint-Valentin prend ici un parfum d’encre et de papier. Une preuve que les cœurs peuvent battre aussi en bibliothèque.