A Saint-Servais, des élèves ont troqué leur grasse matinée pour une nuit au collège et un week-end d’action solidaire : ils participent à la 56ᵉ campagne d’Iles de Paix, l’incontournable mobilisation de janvier.
Samedi matin, 8 h. Pas de cours à Saint-Servais, mais pas question de dormir plus longtemps. Des adolescentes et adolescents émergent de leurs matelas installés dans les locaux de l’école. Ils ont passé la nuit sur place pour une bonne raison : participer à la campagne de l’association Iles de Paix. Depuis 56 ans, l’ONG mobilise citoyens et citoyennes afin de soutenir des projets agricoles durables et défendre le droit de chacun à se nourrir, en Belgique et à l’international.
“Une belle expérience” pour les jeunes volontaires
C'est une première pour Victoria, une élève de première secondaire. Entre agitation et rires, elle retient surtout l’essentiel :
« On aime bien tous se retrouver ici dans l’école pour pouvoir dormir. C’est une belle expérience, et je voulais participer parce que tout le monde n’a pas accès à l’eau ou à la nourriture. »
Après un petit déjeuner avalé en vitesse, le mouvement s’emballe.
Les élèves reçoivent du matériel, se répartissent les zones et dressent leur plan d’attaque.
Vente de rue, magasins et… apprentissages. Aurore Chevalier, enseignante et coordinatrice, décrit l’organisation bien rodée :
« Les élèves peuvent vendre dans la rue ou en magasin. Ils apprennent à interpeller, à recevoir des refus, parfois à être ignorés. Ce n’est pas facile, mais cela fait partie de l’expérience. »
Et les surprises ne manquent pas : « Certains reviennent enthousiastes quand des personnes donnent spontanément un billet sans rien acheter. Ce sont de petites anecdotes, et des liens se créent. »
Dès 9 h, les équipes se déploient par petits groupes. Les rues sont encore calmes, mais la motivation est bien réveillée. Léa, elle aussi engagée dans l’aventure, y voit une évidence : « Ça m’intéressait d’aider des gens dans les pays en voie de développement. C’est super comme idée ! ».
À peine le week-end entamé, les compteurs affichent déjà près de 4 000 € récoltés. Ce soir encore, les élèves dormiront au collège avant de repartir à la rencontre du public. Parce qu’un petit geste ici peut faire une grande différence là-bas.