ING Belgique a payé une transaction pénale de 1,6 million d'euros dans un dossier ouvert à charge de la banque en marge de l'affaire entourant l'ancien président du MR, ex-ministre et ex-commissaire européen Didier Reynders.
L'affaire Reynders, qui a éclaté en décembre 2024, porte sur des soupçons de blanchiment d'environ un million d'euros. L'ancien commissaire européen est notamment suspecté d'avoir effectué d'importants dépôts, de 2008 à 2018, en liquide (près de 700.000 euros) sur un compte ING et multiplié les achats de billets de loterie suspicieux. Ces billets auraient été payés, au moins en partie, en espèces, tandis que les gains étaient versés sur son compte numérique auprès de la Loterie nationale avant d'être transférés vers son compte courant.
ING a-t-elle protégé Didier Reynders ?
Dans le cadre de l’affaire Reynders, la banque ING a interrogé son client en 2018 sur ses dépôts réguliers et importants mais a choisi de ne pas dénoncer ces opérations atypiques à la Ctif, l'organe antiblanchiment, avant 2023.
Suite à cela, la Banque nationale de Belgique (BNB) avait dénoncé, en avril 2025, des faits susceptibles de constituer une infraction dans le chef d'ING.
Interrogée, la filiale belge de la banque néerlandaise déclare ne pas pouvoir s'exprimer sur un dossier spécifique.
Le parquet a donc ouvert une information judiciaire à l'encontre de la banque. Le ministère public désirait savoir pourquoi celle-ci n'avait pas dénoncé avant le 21 décembre 2023 à la cellule de traitement des informations financières les 245 dépôts en liquide et les 779 transferts créditeurs e-Lotto de Didier Reynders pour la somme globale de 1.038.991,35 EUR.
Poursuites à l'encontre d'ING éteintes
Le procureur du Roi, estimant que l'enquête confirmait les faits avancés par la BNB, avait à ING proposé une transaction pénale d'un montant correspondant au maximum prévu par le code pénal actuel pour blanchiment d'argent, soit 1,6 million d'euros. La banque l'a acceptée et payée et les poursuites à son encontre sont donc désormais éteintes.
Le parquet rappelle que les faits investigués permettent une transaction pénale puisqu'ils sont de nature financière.
Deux personnes physiques qui ne travaillent plus chez ING actuellement, dont d’après Le Soir Erik van den Heyden (ancien CEO d’ING Belgique) ont par ailleurs été identifiées et entendues. Une décision doit encore être prise à leur sujet, précise le parquet.