Des traces de cyanobactéries, dangereuses pour l'homme et les animaux, ont été détectées dans la Meuse à Liège et sont fortement soupçonnées à Visé. Un conseil: éviter tout contact avec l'eau.
Aviez-vous remarqué ces traces vertes à la surface de la Meuse à Liège? Si pas, sachez qu'il s'agit de cyanobactéries et qu'il faut y faire très attention. C'est l'ULiège qui l'a confirmé ce vendredi matin, après avoir procédé à une analyse de l'eau de la Meuse.
Dans la communication de l'ULiège, la professeur Annick Wilmotte, spécialiste des cyanobactéries, explique: "Cette couleur particulière est due à la présence d’un bloom (ou prolifération) de cyanobactéries. Une observation microscopique a montré la présence des genres Microcystis et Planktothrix, qui sont potentiellement producteurs de toxines. L’origine du bloom est probablement à chercher dans des affluents où le courant est moins fort mais il faudrait des études plus approfondies du bassin versant pour le savoir."
Un dysfonctionnement des écosystèmes
La prolifération de ces bactéries, dont la concentration n'a pas encore été mesurée, indique un dysfonctionnement des écosystèmes aquatiques. En temps normal, ces bactéries font partie du phytoplancton normal, "mais dans ce cas-ci l'on constate une prolifération problématique", explique l'ULiège, qui l'associe aux températures élevées qui ont fait monter aussi la température de l'eau.
A Visé, aussi, de telles traces, et même des nappes vertes, ont été constatées. L'ULiège ne confirme pas qu'il s'agisse également de cyanobactéries, mais en émet le soupçon.
Danger pour l'humain et les animaux
Quelles sont les conséquences et comment agir face à cette présence? L'ULiège répond: prudence, car "ces algues peuvent libérer des substances toxiques susceptibles de provoquer des problèmes de santé chez l'homme – peu fréquents, car nous ne buvons pas l’eau de Meuse – et l'animal, particulièrement les chiens qui peuvent être intoxiqués s’ils boivent à l’endroit d’un bloom. Leur présence peut également avoir des conséquences sur les écosystèmes aquatiques, l'irrigation et l'abreuvement du bétail."