Des archéologues ont découvert dans la cour de l'ancienne caserne de Saint-Laurent à Liège des vestiges antérieurs au 1er prince-évêque Notgter. Ces découvertes archéologiques pourraient permettre de mieux documenter les débuts de l'histoire de Liège.
Le chantier archéologique de Saint-Laurent à Liège a commencé au début de cette année, dans la cour de l’ancienne caserne militaire.
Il fait suite à une découverte fortuite, quand la Province de Liège, qui est le propriétaire du site, a réalisé des travaux de forage en vue d'équiper les bâtiments voisins d'un système de chauffage par géothermie. Les ouvriers sont tombés sur un "os" : une ancienne sépulture, qui a aussitôt suscité l'intérêt de l'Agence Wallonne du Patrimoine.
Des investigations sommaires avaient été menées durant quelques semaines, dans la seconde moitié des années 60, sous la conduite de Florent Ulrix ; elles avaient permis notamment de dessiner les contours de l'ancienne abbaye, fondée au XIe siècle.
Les fouilles actuelles sont menées sur une plus vaste étendue. Elles ont déjà permis de mettre au jour des traces d'une église du Xe siècle, soit une construction antérieure à l'abbaye de Saint-Laurent.
Cette église était fréquentée par la population locale, ce qui n'est pas le cas des églises d'abbaye, réservées aux religieux.
Dans leurs explorations, les archéologues ont aussi identifié des débris qui pourraient correspondre à des tuiles gallo-romaines.
Et ce n'est pas tout : des petits morceaux de silex taillés posent la question d'une possible présence humaine à cet endroit dans les temps plus reculés encore de la préhistoire.
"L'endroit est juché sur un promontoire naturel, d'ou les occupants pouvaient avoir une large vue panoramique sur les environs", remarque Guillaume Mora-Dieu, archéologue à Agence Wallonne du Patrimoine de la Région wallonne.
"Un des enjeux des fouilles actuelles est donc de mieux comprendre la période qui a précédé l'avènement du premier prince-évêque liégeois, Notger (972–1008). Cette période est un "moment clé" dans l'histoire de Liège et de son urbanisation."
Ces progrès sont d'autant plus précieux qu'ils se rapportent à une période où les écrits sont rares, jusqu'à être inexistants pour les périodes plus anciennes.
"Ce sont donc quelques pages d'histoire qui pourraient s'ajouter, et se trouver avant l'histoire de Notger", s'enthousiasme Denis Henrard,
Les travaux des archéologues permettent ainsi, en quelque sorte, de combler les silences de l’écriture auxquels sont confrontés les historiens !