C'est le point final d'un chantier de démantèlement de quatre années : une des deux cheminées de Chertal a été dynamitée. Sa voisine sera aussi démolie dans les prochains jours. Place maintenant à la réhabilitation de ce site à vocation industrielle.
13 hrs, l'explosion... et la tour de 60 mètres de haut s'écrase au sol. Les 38 détonateurs et les 15 kilos d'explosifs ont parfaitement fait le travail. Pour l'entreprise en charge du chantier de démolition, c'est le dernier acte majeur à Chertal. La société Wanty y a travaillé quatre ans, sur les 180 hectares à démanteler, cela représente 70 000 heures de "travail machines" et 120 000 heures de "travail hommes" !
Place maintenant à la réhabilitation sur ce terrain propriété de Wallonie Entreprendre. C'est le travail de la Sorasi, acteur public dont la mission est d’assainir et de rénover des sites industriels désaffectés. Il a déjà débuté. Aujourd'hui c'est la documentation du site qui va occuper les équipes pour pouvoir renseigner demain les candidats à l'occupation de ce terrain à vocation industrielle.
"Une grosse centrale nucléaire, je n'en veux pas ! " (Serge Fillot, bourgmestre d'Oupeye)
On y imagine à termes des entreprises répondant à ce critère mais depuis quelques temps, il est aussi question de centrale nucléaire. C'est une hypothèse mais rien de plus nous dit-on. Le bourgmestre d'Oupeye a sur la question un avis tranché
"La suite doit être à la hauteur de l'histoire et de notre vécu industriel... il faut ici des industries, innovantes, créatrices d'emplois. Des terrains comme ceux-ci doivent rester des terrains industriels, l'essentiel ne doit pas être dédié à de l'activité nucléaire. Tihange existe, redéployons-la et puis sur le plan énergétique ici, il y a certainement des choses à faire mais pas une grosse centrale nucléaire, ça je n'en veux pas ! "
Il reste pour l'entreprise active sur le site depuis 2022 à démonter la dernière tour et à sécuriser le site pour la société en charge des travaux. Ce sera chose faite d'ici quelques semaines.
S'en sera alors fini de Chertal qui entre son lancement en 1963 en mode sidérurgique, et l'arrêt du laminoir 50 ans après, a fortement marqué l'histoire industrielle de la région et imprégné les habitants de la Basse Meuse