Parmi les nombreuses écoles qui ont entamé ce lundi une grève de 10 jours, il y a un des établissements de l'école Léon Mignon. L'école souffre des réformes et craint pour sa survie.
Impossible de rentrer dans le bâtiment des sections mécanique, menuiserie et électricité-soudure de l'école Léon Mignon. L'ensemble des professeurs de cette implantation suit le mouvement de grève entamé dans l'enseignement ce lundi, jusqu'au 27 mai. Leurs griefs sont nombreux. Première crainte: l'ajout de 2h au programme des enseignants du secondaire supérieur. Pour Aurore Compère, professeur de philosophie et citoyenneté, c'est une grosse erreur. "J'ai déjà 20 classes, soit environ 300 élèves devant moi, comme je donne une seule heure de cours par semaine. C'est énorme dans des domaines où justement on discute beaucoup avec les élèves, pour savoir ce qu'il pense etc. Au plus on a d'élèves, au moins on a de temps à leur consacrer et au plus on doit faire d'écoles, au moins on a d'énergie et de temps pour eux."
"Le politique peut-il décider de qui peut faire des études supérieures?"
Deuxième grief, pour cette école qui s'adresse à des élèves parfois en difficulté, l'augmentation du minerval dans l'enseignement supérieur. Qui va en empêcher plus d'un, de leurs filières, de se rediriger vers des études qu'ils auraient la capacité de faire. "On est face à un public moins favorisé, qui parfois a envie de prendre une autre voie que celle du travail, une fois qu'il sort des études secondaires", explique Emilie Goin, professeur de français. "Certains mériteraient d'aller dans cette voie, pour faire un métier qui leur plaise, mais ils vont se retrouver coincés avec une formation acquise ici qui ne leur correspond peut-être pas et un métier qui ne leur plaît pas, parce qu'ils n'ont pas les moyens d'aller dans le supérieur." Ce qui fait dire à Steve Roskan, professeur de mécanique automobile: "Le politique peut-il décider de qui peut faire des études supérieures?"
"Un ensemble de cibles qui menacent le qualifiant"
Ces réformes, qui sont sur la table du parlement, s'ajoutent à d'autres qui, ces dernières années, ont aussi attaqué le qualifiant, selon les professeurs. Comme le renvoi d'élèves majeurs vers l'enseignement pour adultes. "On a des élèves qui ont parfois eu un parcours de vie difficile, et qui se retrouvent à 18 ans en 3è ou 4è secondaire, mais qui sont volontaires, ont envie d'apprendre, de se battre. Et qu'on va sortir de l'enseignement de qualification pour aller vers d'autres filières qui ne seront pas adaptées à leur profil, et qui ne les amènera pas à obtenir un CESS, qui est, on le sait, un sésame pour obtenir un emploi dans beaucoup de filières."
Et avec le tronc commun jusqu'en 3è secondaire, qui là est une mesure du Pacte d'Excellence, l'école risque de perdre des élèves, et probablement des emplois. "On a déjà dû regrouper des classes, pour certains cours généraux. Mais si le nombre d'élèves diminue, la charge d'élèves diminue, donc comme le nombre d'enseignants dépend du nombre d'élèves, on va perdre des emplois, c'est... inévitable."
Toutes ces réformes finissent pas menacer l'école de fermeture, non seulement dans ces options de leur site de l'ITCIA, mais aussi sur les deux autres, dont l'Armurerie (encore pour d'autres raisons), qui rejoindront le mouvement de grève ce jeudi.