La grève de l'enseignement se poursuit en Fédération Wallonie-Bruxelles à quelques jours du vote du décret-programme soutenu par la majorité MR-Engagés . Aujourd'hui des élèves sont venus soutenir le mouvement initié par leurs professeurs.
La grève de l'enseignement se poursuit en Fédération Wallonie-Bruxelles à quelques jours d’un vote crucial au parlement. Les conséquences du décret-programme soutenu par la majorité MR-Engagés vont être multiples. Entre la hausse du temps de travail du corps enseignant et la suppression d'emplois qui en découle, les professeurs soutiennent le fait que cette mobilisation est avant tout en faveur des élèves d'aujourd'hui et demain.
Les élèves se mobilisent : "1.200 € pour apprendre. Non à l’éducation marchande"
Cette augmentation du minerval des études supérieures est une des mesures souhaitées par la fédération Wallonie-Bruxelles qui ne passe pas auprès des manifestants. "1.200 € pour apprendre. Non à l’éducation marchande", voici ce qu'on pouvait lire sur une des pancartes tenues par les élèves. C’est une des principales réclamations qu'ont fait entendre des dizaines d’élèves ce matin face à l’école Saint-Barthélemy à Liège.
"J'ai une grande famille. Mes parents, ils vont payer pour moi, mais ils doivent aussi payer pour mes petits frères, mes petites sœurs et je sais qu'il y a des familles qui ne peuvent même pas payer pour leurs enfants, donc ils vont devoir faire des jobs étudiants. Enfin, l'école c'est un droit en fait ! Tout ça est injuste", s'attriste Stella, une élève du collège Saint-Barthélemy.
Des élèves s'apprêtent à devoir travailler pour payer leur 1.200€ de minerval
Certains rhétos le savent déjà : ils vont devoir travailler en parallèle de leurs études pour payer ce montant. "Ça m'inquiète beaucoup parce que j’y serai bientôt et j'aimerais beaucoup aller à l'université, mais je ne suis pas sûr que mes parents pourront me payer le minerval. Alors d'accord on peut prendre des jobs étudiants, etc. Le problème, c'est que ça crée quand même une inégalité, car ceux qui doivent perdre du temps à travailler pour gagner de l'argent pour payer leur minerval ont moins de temps pour travailler à l'école. Donc en fait, cette idée-là, c'est juste pour créer des inégalités en plus et donc pour avoir une société moins égalitaire plus tard", analyse Cappucine, une élève de Liège 1.
Des élèves inquiets pour leurs examens
En parallèle de cette mobilisation, d’autres élèves s’inquiètent pour leur présent. "Là, la grève, elle tombe au mauvais moment parce qu'il y a bientôt les examens qui arrivent et on n'arrivera pas à poser les questions avant les examens", explique Hanock, élève à Liège 1.
Mais d'autres regardent plus le futur et sont prêts à sacrifier leurs dernières semaines de cours. "On ne pense pas qu'à nous, on pense aussi aux générations qui vont arriver après, on pense aux professeurs... Eux, ce n'est pas que pour une année qu'ils font ça, mais c'est pour toute leur carrière", répond Stella.
Une nouvelle mobilisation vendredi
Ce vendredi à Liège, les élèves qui se sentent concernés par cette grève se rendront Place Saint-Lambert pour à nouveau protester contre le Décret-programme de la fédération Wallonie-Bruxelles. La ministre de l’Éducation, Valérie Glatigny, a réaffirmé avant-hier que le texte ne sera pas modifié malgré la mobilisation des grévistes et de l’opposition contre la majorité MR-engagés. Le décret-programme devrait être voté le 27 mai. D’ici là les syndicats affirment que la grève se poursuivra.