Les immeubles abandonnés posent de nombreux problèmes aux villes de Wallonie. Elles sont nombreuses à prendre le problème à bras le corps pour forcer les propriétaires à remettre leur bien en état, à louer ou en vente.
Seraing, 64.000 habitants. La ville est confrontée au même problème que toutes les villes wallonnes : les immeubles inoccupés.
"En 2023, il y a une recrudescence d'immeubles qui étaient abandonnés et qui ont été inoccupés par des tierces personnes et qui ont engendré des nuisances pour les riverains, notamment, en trouble de l’ordre public, que ce soit des bagarres violentes avec des machettes, un manque d'entretien aussi, des immeubles avec des personnes qui y résidaient, qui commettaient des infractions, soit du deal ou des vols", indique Rudi Rulli, l'inspecteur principal de la zone de police de Seraing-Neupré.
"On a multiplié par 6 la taxe sur les immeubles inoccupés"
En 2023, la ville dénombrait 250 biens inoccupés. Trois ans plus tard, la ville constate une amélioration avec des propriétaires qui remettent en vente ou rénovent. Alors, comment les autorités ont-elles réussi ?
"D'abord, il y a un repérage qui est fait tant par les agents de la Ville de Seraing, que par les policiers. Puis il y a un contact avec le propriétaire pour lui demander de sécuriser les lieux. Et puis après, si le propriétaire ne réagit pas, on a une arme importante, c'est la fiscalité. On a augmenté de manière extrêmement importante cette taxe. En 2025, c'était 26 € et en 2026, on est à 150 € par mètre linéaire de façade", explique la bourgmestre de Seraing, Déborah Géradon.
Entre 8 et 10% des logements wallons inoccupés
Liège, 198.000 habitants. Même cas de figure. Les autorités tentent de lutter contre ces propriétaires qui laissent leurs biens à l'abandon, comme à Seraing. Mais les villes wallonnes ont tout de même un problème : un manque de base légale et de budget pour forcer les propriétaires à agir. Résultat, Statbel estime qu'entre 8 et 10 % des logements en Wallonie sont vides.
L'antikraak : baguette magique néerlandaise ?
À 35 kilomètres de là, Maastricht, 129.000 habitants. Ici, les autorités ont un outil supplémentaire pour lutter contre les immeubles vides: l'antikraak. Des agences peuvent placer des occupants temporaires dans des bâtiments vides. Ils payent peu et n’ont pas un bail classique. Résultat : environ 4 % des logements sont inoccupés dans cette ville. De nombreux autres facteurs expliquent ce faible pourcentage.
Mais ici, depuis les années 80 et la crise du logement aux Pays-Bas, on considère l'antikraak comme une mesure clé. Trois villes, trois réalités différentes, mais un problème commun : lutter contre ces immeubles vides qui pèsent sur nos villes.