Fast fashion, surconsommation… les bulles à vêtements de l’asbl Terre débordent et les dépôts clandestins se multiplient. Pour tenter d’y remédier, certaines communes passent à l’action. C'est le cas à Wanze avec un nouveau panneau dissuasif.
Dans de nombreuses communes, rurales comme urbaines, les bulles à vêtements de l’asbl Terre débordent. En cause : l’augmentation de la consommation textile, mais surtout les nombreux déchets et dépôts clandestins retrouvés autour des conteneurs.
« Nous sommes devenus des collecteurs de voiries, c’est-à-dire de poubelles », déplore le directeur de Terre, Christian Dessart. Sur les 25.000 tonnes récoltées chaque année, près de la moitié seraient aujourd’hui des déchets destinés à l’incinération. « Nous pouvons augmenter les fréquences de passage, mais à quel prix si nous devons payer pour brûler la moitié de ce qui est collecté ? »
Depuis 2024, l’asbl tire la sonnette d’alarme. Matelas, sacs-poubelles ou encombrants sont régulièrement abandonnés à côté des bulles. Un phénomène accentué par la fast fashion et l’augmentation de la consommation de vêtements, passée de 15 à 19 kilos par habitant et par an.
Face à cette situation, plusieurs communes tentent de trouver des solutions. À Wanze, des panneaux dissuasifs viennent d’être installés près des bulles afin de rappeler les sanctions liées aux dépôts clandestins. « Les amendes peuvent aller de 150 à 200.000 euros », explique l’échevine de l’Environnement, Aurélie Ochelen. Certaines bulles ont également été déplacées vers des zones davantage surveillées.
Mais ailleurs, les communes reconnaissent leurs limites. À Crisnée, l’idée d’un point de collecte centralisé a été envisagée, sans garantie de résultats. « Une grande partie des dépôts se fait la nuit. Une surveillance permanente est impossible », constate le premier échevin, Alain Materne.
Pour l’asbl Terre, les solutions devront désormais se construire avec les communes. « Seuls, nous sommes impuissants », conclut Christian Dessart, inquiet pour l’avenir de ces bulles à vêtements si elles continuent à servir de dépotoirs.