Un polar rural troublant, un cauchemar gothique irlandais, une aventure familiale pleine de fantaisie et un théâtre qui déraille : cette semaine, les écrans jouent sur tous les registres.
Cette semaine, Cut explore cinq propositions qui n’ont, à première vue, presque rien en commun. Des roselières néerlandaises aux coulisses agitées de la Comédie-Française, en passant par un hôtel irlandais particulièrement peu rassurant, la sélection navigue entre polar sensoriel, cinéma d’horreur, animation familiale, comédie et drame intime. Une diversité qui réserve quelques belles surprises et plusieurs films difficiles à enfermer dans une seule catégorie.
Rietland, un polar où le paysage devient menaçant
Révélé à la Semaine de la critique du Festival de Cannes, Rietland marque le passage au long métrage de Sven Bresser. Le cinéaste installe son histoire dans les territoires humides des Pays-Bas, au milieu de roselières dont les bruissements et les étendues participent pleinement au trouble. Plus qu’une simple enquête, le film s’annonce comme un polar rural et sensoriel où le son, les silences et l’incertitude comptent autant que les événements eux-mêmes. Une étrangeté qui évoque par instants l’univers de David Lynch. Les images présentées dans Cut permettent surtout de découvrir comment cette atmosphère s’installe sans que le récit révèle immédiatement ses intentions.
Hokum fait du folklore irlandais un terrain de cauchemar
Avec Hokum, Damian McCarthy poursuit le travail amorcé dans Caveat et Oddity. Le réalisateur irlandais revient à un cinéma d’horreur atmosphérique où la suggestion compte davantage que la démonstration. Hôtel isolé, pièce condamnée, disparition mystérieuse et légendes locales composent les ingrédients d’un conte gothique qui semble prendre un malin plaisir à jouer avec les attentes du spectateur. Chaque porte, chaque couloir et chaque bruit peut devenir suspect. Cut en montre suffisamment pour installer le malaise, mais laisse à la vidéo le soin de dévoiler la mécanique de ce film aussi inquiétant que ludique.
La fille dans les nuages fait de l’imagination un super-pouvoir
Changement radical d’ambiance avec La fille dans les nuages de Philippe Riche. Porté notamment par les voix de Louane, Jamel Debbouze et Grégoire Ludig, ce film familial mêle aventure, humour et émotion autour d’une jeune héroïne confrontée au pouvoir vertigineux de l’imagination. Une plume capable de rendre réel ce qui est écrit ouvre évidemment des possibilités extraordinaires, mais également quelques catastrophes. Derrière la fantaisie se dessine une question plus intime : comment trouver son propre chemin lorsqu’on porte encore les rêves de ses parents ? Les extraits de Cut donnent un aperçu de cet univers coloré et de son humour sans dévoiler les principaux rebondissements.
La Comédie-Française transformée en machine à vaudeville
De la Comédie Française, signé Martin Darondeau et Bertrand Usclat, prend pour terrain de jeu les coulisses de la prestigieuse institution française. À quelques heures d’une première, tout ce qui peut se dérégler semble décidé à le faire. Badge introuvable, problèmes techniques, incompréhensions et nervosité générale alimentent un vaudeville qui joue sur le contraste entre le prestige de la scène et le désordre très humain qui règne derrière le rideau. Pour mesurer le rythme et l’absurdité de cet engrenage comique, les extraits montrés dans l’émission valent largement le détour.
Los domingos observe la foi au cœur d’une famille
Enfin, Los domingos d’Alauda Ruiz de Azúa adopte un registre beaucoup plus retenu. Le film aborde la foi, les rituels religieux et leurs conséquences sur une famille dans laquelle chacun semble agir avec ses propres raisons et ses propres convictions. Plutôt que de chercher des réponses simples, le récit s’intéresse à une fracture plus douloureuse : celle qui apparaît lorsque l’amour familial ne suffit plus à rapprocher des trajectoires devenues incompatibles.
Du trouble de Rietland au gothique de Hokum, de l’imaginaire de La fille dans les nuages au chaos de la Comédie-Française, cette édition multiplie donc les changements de ton. Regardez Cut pour découvrir les extraits, saisir les nuances de chaque proposition et vous faire votre propre idée avant votre prochaine séance de cinéma.