Une phobie inattendue, Cyrano chargé de protéger un jeune roi, l’exil d’une Syrienne, une maternité qui vacille et la mémoire d’une icône rock composent une semaine riche en trajectoires singulières.
Cette semaine, Cut réunit cinq films qui parlent, chacun à leur manière, d’identités mises à l’épreuve. Une femme terrorisée par les enfants, Cyrano de Bergerac chargé d’une mission improbable, une Syrienne qui tente de reconstruire son existence en France, une mère célibataire confrontée aux origines de son fils et Marianne Faithfull racontée à travers un dispositif documentaire inattendu : les sorties cinéma naviguent entre comédie, drame social, histoire et portrait musical.
Anna et les enfants transforme une phobie en comédie
Pour son premier film comme réalisatrice, Diane Clavier choisit avec Anna et les enfants un sujet pour le moins inhabituel : la pédophobie, c’est-à-dire la peur des enfants. Camille Chamoux incarne une femme qui ne déteste pas les plus jeunes mais ressent, face à eux, une véritable panique. Une situation déjà compliquée au quotidien qui devient franchement intenable lorsqu’elle se rapproche d’un homme, joué par Alban Lenoir, qui est père de deux enfants.
La comédie repose évidemment sur cette confrontation forcée avec ce qu’Anna cherche constamment à éviter, mais elle semble également s’intéresser à la mécanique des phobies et aux stratégies que l’on met en place pour leur échapper. Les extraits diffusés dans Cut dévoilent le potentiel comique de cette rencontre sans révéler comment Anna va tenter de composer avec cette famille inattendue.
Artus rencontre Cyrano et le jeune Louis XIV
Les Caprices de l’enfant roi plonge dans la France du XVIIe siècle avec une liberté assumée. Michel Leclerc imagine Cyrano de Bergerac, incarné par Artus et doté de son célèbre nez, contraint de protéger le jeune Louis XIV. Le futur roi doit quitter secrètement Paris et trouver refuge loin du palais, notamment au sein d’une troupe de théâtre.
Franck Dubosc participe à cette aventure de cape et d’épée où les personnages historiques deviennent les rouages d’une comédie populaire. Derrière les quiproquos et le choc entre Cyrano et un enfant royal particulièrement exigeant, le réalisateur conserve son goût pour le commentaire social. Cut en montre quelques situations savoureuses : la vidéo permet d’en découvrir le rythme et le ton sans épuiser les surprises de cette mission royale.
L’étrangère raconte la difficile possibilité d’un nouveau départ
Avec L’étrangère, le registre devient plus grave. Inspiré de l’histoire personnelle de sa réalisatrice, ce premier film suit une jeune Syrienne arrivée en France après un parcours marqué par la guerre et la disparition probable de son mari, prisonnier politique. Son fils est resté en Syrie et l’espoir de reconstruire sa vie se heurte rapidement aux difficultés administratives, affectives et sociales de l’exil.
Présenté comme une romance sociale et politique, le film ne réduit pas son héroïne à son statut de migrante. Il s’intéresse également aux liens qui se créent autour d’elle et aux conséquences qu’ils entraînent. La présentation de Cut pose les enjeux essentiels, mais laisse au film ses zones d’incertitude et ses choix les plus intimes.
Solo Mamma questionne les origines d’une famille choisie
Dans Solo Mamma, la réalisatrice norvégienne Janicke Askevold suit Édith, journaliste et mère célibataire ayant choisi d’avoir un enfant grâce à un donneur. Un équilibre qu’elle pensait maîtriser bascule lorsqu’elle découvre l’identité de l’homme à l’origine de la naissance de son fils.
Le film dépasse alors la seule question de la filiation biologique pour explorer les contradictions du désir, de la maternité et des modèles familiaux contemporains. La recherche d’un donneur devient progressivement une quête beaucoup plus personnelle. Cut en suggère les enjeux sans dévoiler ce que cette rencontre possible va réellement bouleverser.
Broken English réinvente le portrait de Marianne Faithfull
Broken English referme la sélection avec Marianne Faithfull. Présenté au festival de Sundance, ce documentaire hybride mêle archives, entretiens et fiction pour retracer la vie mouvementée de l’icône rock. Tilda Swinton incarne la responsable d’une agence gouvernementale fictive baptisée The Ministry of Not Forgetting, chargée de reconstruire sa mémoire.
Ce dispositif permet d’échapper au documentaire musical classique et d’interroger autant la carrière de l’artiste que la manière dont une personnalité devient une légende. Regardez Cut pour découvrir les premières images de ces cinq films, leurs tonalités très différentes et les détails qui pourraient faire pencher la balance au moment de choisir votre prochaine séance.