Grand soir vendredi pour le basket liégeois: le BC Sprimont (TDM2) recevait les professionnels de Malines en seizième de finale de Coupe de Belgique, dans une ambiance de feu. Une affiche de gala que les Carriers n'avaient plus connue depuis quinze ans.
Réceptionnistes en costume-cravate, pom-pom girls, zone VIP : on avait prévu mis les petits plats dans les grands vendredi soir à Sprimont à l'occasion de la réception de Malines, un ténor de la division 1. Il y a quinze ans, les Carriers de Sprimont avaient reçu un autre cador de l'élite : le club d'Alost. Alors ce match de vendredi soir a ravivé bien des souvenirs.
"C'est une fête construite pour les joueurs, les spectateurs et tous nos membres. La chance 15 ans après de rejouer une Division 1. Et l'occasion pour nos joueurs de TDM2 de voir où ils se situent aussi", raconte le trésorier du club Didier Geurts.
L'homme qui dirigeait alors les Carriers depuis le banc à l'époque était présent dans les gradins cette fois en tant que supporter. Il garde en tête de belles images de cette soirée, malgré la lourde défaite 58-98. "A l'époque, Alost alignait six joueurs américains, un coach américain, a été champion, des joueurs qui ont évolué en NBA après. Quelque part, on a cette fierté d'avoir joué contre ce type de joueurs", se remémore Pascal Horrion.
Quinze ans plus tard et un changement de génération, ce n'est plus Alost mais Malines qui se présente à Sprimont, et c'est un autre coach, Nicolas Franck, qui a eu la lourde tâche de mener les Carriers face aux joueurs de basket professionnels. "Comment on se prépare pour ce type de match ? Je ne sais pas, on a essayé de rester dans nos principes et de faire une semaine d'entraînement classique. On a essayé de cibler deux ou trois petites choses, comme leur défense sur écran", confie l'entraîneur sprimontois Nicolas Franck.
20h30, le match démarre, dans une salle quasi comble et dans une ambiance de feu. Le public a fait le déplacement en nombre. A l'annonce des noms de joueurs sprimontois, les supporters donnent de la voix et encouragent leur équipe.
Portés par leur public, les Carriers dominent l'entame de match. Randahxe ouvre le bal, d'emblée à trois points sur la première offensive verte. Le capitaine Van Den Brule joue de sa taille dans la raquette pour obtenir les lancers-francs. Sprimont, qui bénéfice de 10 points de handicap, fait jeu égal et maintient son avantage. Les Kangourous redressent la barre en fin de première période, rattrapent leur retard à deux minutes du buzzer. Puis finissent par virer en tête après les dix premières minutes de jeu. C'est 29-32 au premier quart.
A peine le deuxième quart entamé, les Malinois prennent déjà le large sur leur adversaire du jour. Les incursions se font plus nombreuses dans la raquette sprimontoise. Nos locaux accusent le coup et se retrouvent dépassés. La deuxième période se transforme en correction pour les Carriers. Klesmit s'amuse à distance et empile les paniers à trois points. C'est 36-75 à la pause et le match est déjà plié.
"Je suis obligé de prendre deux temps morts rapides parce qu'on est dans le dur et on a moins tendance à faire les efforts, mais c'est normal parce qu'ils vont plus vite, sont plus forts, sont plus costauds", analyse encore Nicolas Franck.
Bien décidés à profiter du moment à fond, les amateurs reviennent sur le parquet plein d'entrain, et montrent qu'ils ne manquent pas de talent, s'octroyant même le luxe de marquer 11 points consécutifs sans encaisser. La suite du troisième quart est moins bonne pour Sprimont, qui ne peut empêcher Malines d'atteindre la barre symbolique des 100 points. C'est 65-100 après 30 minutes de jeu.
"Ils savent jouer basket, ils ne rataient rien. C'était vraiment dur, on a donné tout ce qu'on pouvait, on a mis l'intensité que l'on pouvait et on a pris du plaisir, ajoute le capitaine de l'équipe sprimontoise Pierrick Van Den Brule.
Malgré l'écart important, le basket reste toutefois de qualité en fin de rencontre. Et de part et d'autre, on assiste à de belle réalisations, à l'image de ce beau dunk de Tom Bellen dans la dernière période. Sprimont s'incline finalement 85-130, mais n'a pas à rougir de sa prestation.
"On voulait montrer l'identité de Sprimont, on ne lâche rien, on n'abandonne rien. On donne tout ce qu'on peut, ce qu'on a. J'ai passé un super moment, c'était mon premier match contre une D1 et j'ai déjà envie d'être l'année prochaine pour en rejouer une", conclut Pierrick Van Den Brule.