Si deux commerçants sur trois se disent plutôt satisfaits en Wallonie et à Bruxelles, la réalité est plus contrastée dans les rues commerçantes de Liège, marquées par la neige, les grèves et la concurrence des pays voisins.
Les rues commerçantes de Liège se remplissent doucement en ce dernier jour des soldes d’hiver. Pour les commerçants, c’est l’heure du bilan. Selon l’Union des Classes Moyennes (UCM), deux commerçants sur trois jugent cette période de soldes plutôt satisfaisante ou dans la moyenne, en Wallonie et à Bruxelles. Mais sur le terrain liégeois, le constat est plus nuancé.
La météo hivernale a clairement freiné les déplacements. La neige, mais aussi les grèves à répétition dans les transports en commun, ont découragé une partie de la clientèle.
À cela s’ajoute une concurrence accrue venue de l’étranger, comme l’explique Valérie Saretto, secrétaire générale de l’UCM Province de Liège :
« Nous avons une certaine concurrence avec les pays limitrophes qui n'ont pas la même législation sur les soldes. En province de Liège, on est vite concurrencés par des soldes qui commencent bien avant nous, notamment aux Pays-Bas. Et puis, les rabais toute l’année, en magasin comme sur le net, font qu’on pousse le citoyen à acheter un prix plutôt qu’une qualité de service. »
Ce ressenti est largement partagé par les commerçants liégeois. La concurrence du commerce en ligne et celle des pays voisins pèsent de plus en plus lourd, en particulier pour les petits indépendants. Dans certains magasins, le bilan reste mitigé :« Ça a été mitigé. Pas trop mal pour certains articles comme les pyjamas ou les robes de nuit. Par contre, pour les soutiens-gorge, on subit les ventes sur internet toute l’année. Ce sont des soldes permanentes, et ça, on trouve que ça devrait être interdit », témoigne une vendeuse.
« Et pour la dernière semaine, avec les grèves, les parents, les grands-parents ne savaient pas venir. Personne ne savait se déplacer. Ce n’est vraiment pas chouette pour les commerçants. »
Certains clients choisissent même de faire leurs achats à l’étranger, notamment à Maastricht, invoquant un sentiment de sécurité ou un environnement plus agréable.
Malgré ces difficultés, tous ne tirent pas un trait négatif sur ces soldes. Certains commerces parviennent à s’en sortir grâce à une clientèle fidèle, au conseil personnalisé ou à des produits plus spécifiques.
« Malgré les grèves de bus et de tram, les gens qui veulent vraiment acheter trouvent un moyen de se déplacer jusqu’à la ville », explique une vendeuse de la galerie Lemonnier, évoquant même une cliente venue en taxi pour récupérer une commande mise de côté.
Ces soldes d’hiver n’auront donc pas été catastrophiques, mais confirment une tendance de fond : les périodes de rabais ne représentent plus le même poids dans le chiffre d’affaires annuel qu’auparavant.
Un constat qui laisse les commerçants partagés entre soulagement… et fatigue, face à la multiplication des promotions tout au long de l’année.