L'Union des Villes et Communes de Wallonie (UVCW) s'interroge sur la capacité des grandes villes wallonnes, dont Liège et Seraing, d'assumer pleinement leur rôle de locomotive, face à des charges toujours plus lourdes et des recettes jugées insuffisantes.
L'Unoin des Villes et des Communes de Wallonie, l'UVCW, a présenté une étude sur les finances des 9 grandes villes wallonnes, dont Liège et Seraing, et sur leurs capacités à assumer leur rôle de locomotive économique, sociale et territoriale au sein du paysage wallon. L'association rappelle que les grandes villes occupent une place centrale dans le développement de la Région. "Elles concentrent emplois, universités, hôpitaux, services administratifs, infrastructures culturelles et sportives, tout en accueillant quotidiennement des milliers de travailleurs, d'étudiants et de visiteurs venus de l'ensemble de leur bassin de vie", énumère M. Sobry, la présidente de l'UVCW.
Un déséquilibre structurel
Mais la capacité de ses villes à assumer leur développement économique est de plus en plus difficile à assurer en raison d'un déséquilibre structurel, selon l'étude présentée, entre les charges assumées par les villes et les recettes dont elles disposent. "Ce n'est pas un problème de gestion, c'est un problème d'équilibre structurel", a résumé Julien Flagothier, conseiller expert à l'UVCW.
En effet, les grandes villes doivent financer des infrastructures et des services utilisés bien au-delà de leur population résidente. "Elles supportent des dépenses importantes liées à la sécurité, à la mobilité, à la propreté publique ou encore aux politiques sociales", détaille M. Flagothier. "Dans le même temps, leur potentiel fiscal demeure plus fragile que celui de nombreuses communes périphériques, notamment parce qu'une partie importante des travailleurs qui y créent de la richesse résident ailleurs et y paient leurs impôts locaux", poursuit-il.
L'UVCW rappelle ainsi que les neuf grandes villes wallonnes financent à elles seules plus de 43 % des dotations communales versées aux zones de police. Elles assument également une part majeure des coûts liés aux pensions statutaires. Selon les projections présentées, la facture des cotisations de responsabilisation pourrait atteindre 120 millions d'euros en 2031, contre 80 millions en 2024.
Alors, que faire?
Pour aller plus loin, l'étude avance des pistes de réforme. Tout d'abord, au niveau communal, elle suggère une modernisation de certains outils fiscaux, une meilleure valorisation du patrimoine bâti et une participation accrue des usagers non-résidents aux charges urbaines.
L'association appelle par ailleurs la Région wallonne à mieux intégrer les fonctions de centralité dans ses mécanismes de financement et à renforcer le soutien accordé aux grandes villes. Elle plaide également pour une réflexion sur la fiscalité routière afin qu'une partie des recettes générées par l'utilisation intensive des infrastructures communales puisse revenir davantage aux pouvoirs locaux.
Enfin, au niveau fédéral, l'UVCW demande un effort supplémentaire conséquent concernant le financement des pensions et des zones de police locale, tout en insistant sur le respect du principe de neutralité budgétaire dans les réformes susceptibles d'avoir un impact sur les finances communales.
L'UVCW a conclu en rappelant que l'enjeu dépasse largement la question budgétaire. "Le redéploiement économique de la Wallonie ne se fera pas avec des villes à bout de souffle. Renforcer les grandes villes revient à investir dans la prospérité, l'attractivité et la cohésion de l'ensemble du territoire wallon".